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Quarnstron
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Message par Quarnstron »

Ce truc est un calvaire pour le lecteur qui aura à porter sa croix jusqu'au bout.
Il faut débrancher son cerveau avant de lire et ne pas se préoccuper d'une quelconque cohérence avec l’œuvre de Jacobs.
C'est peut-être cohérent avec le reste de ce qu'a fait Sente, mais ce n'est pas une référence.
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archibald
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Message par archibald »

Une auto critique : Vous êtes affligeants !
img215.jpg
:roll: :p
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gadjo
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Message par gadjo »

Tout cela est complètement aberrant et ne tient pas compte des réalités historiques de l'époque...

La menace "jaune" est connue depuis 1944 au moins (strips 56-57), preuve à l'appui puisqu'on a des images des fusées
si les britanniques sont au courant, je vois mal les russes et les américains ne pas le savoir
tous les alliés auraient donc démobilisé leurs troupes après la défaite de l'Allemagne et du Japon et ils auraient laissé cet empire menaçant
et belliqueux se préparer tranquillement dans leur dos ? Ils n'auraient jamais abordé le sujet à Yalta ou Postdam ?
Mais oui bien sûr... :roll:

"depuis trois ans" (donc depuis 1943, avant la fin de la 2e guerre mondiale faut-il le rappeler ?), les services de Menzies surveillent les 5e colonnes jaunes. Sans rien faire ?
À titre d'information, avec l'extension de l'ordonnance 18B ( Defence Regulation 18B) les personnes suspectées
d'être des sympathisants nazis sont emprisonnées à partir du 23 Mai 1940 (soit 13 jours après l'attaque allemande en Europe occidentale)
Ce sera le cas d'Oswald Mosley et de plusieurs membres de son groupuscule fasciste, de l'amiral Barry Domvile et de Reginald Goodall par exemple.
Mais on laisse des espions avérés et reconnus comme tels s'échanger des infos ?

Si Jacobs faisait dire à Blake que personne ne prenait au sérieux la menace de Basam-Damdu, c'était en référence directe à l'attitude de l'occident
vis à vis de l'allemagne nazie et du Japon dans les années 1930 et la politique d'Appeasement menée par Neville Chamberlain.
Il est totalement idiot de croire que la 2e guerre mondiale à peine finie, les gouvernements puissent retomber aussi vite dans les mêmes erreurs

c'est tout le problème : à force de vouloir caser à tout prix les événements du secret de l'espadon dans l'histoire réelle et immédiatement
à la suite de la 2e guerre mondiale, ça devient du grand n'importe quoi...
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Rob1
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Message par Rob1 »

gadjo a écrit :tous les alliés auraient donc démobilisé leurs troupes après la défaite de l'Allemagne et du Japon et ils auraient laissé cet empire menaçant
et belliqueux se préparer tranquillement dans leur dos ? Ils n'auraient jamais abordé le sujet à Yalta ou Postdam ?
Historiquement, la démobilisation a été massive dans tous les camps peu après la victoire sur le Japon, et il a fallu quelques années pour que les deux camps de la guerre froide s'inquiètent chacun de leur voisin et remontent les effectifs.

La démobilisation soviétique est progressive mais commence le 23 juin 1945 pour durer jusqu'à fin 1948. Les effectifs de 11,3 millions de soldats sont réduits à 7,8 millions dès septembre 1945 et à 2,8 millions en 1948. Les effectifs remontent ensuite jusqu'à atteindre 5,7 millions en 1955, puis diminuent à nouveau pour atteindre 3,6 millions en 1960. (J'ai repompé ça d'un post à moi sur un forum d'histoire.) Côté américain c'est encore plus marqué avec l'objectif avoué de renvoyer tous les mobilisés à la maison pour Noël 1945.

Il fallait reconstruire les pays et tout le monde voulait laisser la mentalité de temps de guerre derrière.

Bon après, je doute que monsieur Y.S. ait connaissance de cela...
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gadjo
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Message par gadjo »

oui, il y a eu démobilisation parce qu'il n'y avait plus de menace directe après la capitulation du Japon ;)
mais s'il y avait eu la menace d'un empire jaune aussi clairement identifiée, je doute vraiment que la démobilisation ait eu lieu aussi vite
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archibald
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Message par archibald »

Bon , on a le nom du troisième homme :Ernest Bevin .
220px-Ernest_Bevin_HU_81497.jpg
220px-Ernest_Bevin_HU_81497.jpg (10.51 Kio) Vu 3774 fois
Il y a un désir profond , quasi inexplicable , presque maladif, de vouloir coller l'uchronie de Jacobs avec la réalité .
Est-ce que cela apporte vraiment quelque chose à l'aventure ?


L'aventure ? encore des stips statiques.
Vous me direz que ce n'est pas la première fois qu'on assiste à une conférence ..
Oui mais , dans ce cas , la présence de Blake me semble suspecte .
Ma logique à moi voudrait que Blake, après avoir fait son rapport, soit prié de quitter les lieux pour que Attlee , Dalton , Bevin, l’amiral et le colonel puissent discuter ensemble des mesures à prendre.
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Quarnstron
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Message par Quarnstron »

archibald a écrit :(...)

Il y a un désir profond , quasi inexplicable , presque maladif ,de vouloir coller l'uchronie de Jacobs avec la réalité .
Est ce que cela apporte vraiment quelques choses à l'aventure ?
C'est le plus désolant. Et non, effectivement ça n'apporte rien.

On est face à un truc bavard sans le moindre intérêt.
Cet album, c'est la Berezina.
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Park Lane
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Message par Park Lane »

Bon, les deux derniers strips montrent que les auteurs se souviennent bel et bien, contrairement à e que j'avais supposé, des hésitations des hommes d'Etat telles que les avait signalées Jacobs.
Mais à quoi bon ces fastidieux rappels de ce que nous savons déjà ! ? !

Outre leur caractère laborieux à la mesure de cet album poussif, ils s'adressent en fait à ceux qui découvriraient la série par le BdP et vont donc croire qu'il est symboliquement le premier album même s'il ne l'est pas.

Tout cela montre bien que ce projet n'est rien d'autre qu'une tentative de prise du pouvoir qui s'ignore peut-être mais qui n'en est pas moins là dans son absurdité et son arrogance. Tout se passe comme si Dieu transmettait à Dieu le pouvoir créateur, sauf que Dieu existait déjà avant et que le Dieu qui prétend désormais lui passer le relais dissimule Adam sous une fausse apparence de créateur tout puissant.

Venons-en au titre de l'album. Sur le moment, bien que beaucoup d'entre nous se soient émus du fait que les semaines passant, il n'était toujours pas question d'un quelconque bâton de Plutarque, je ne m'en formalisais pas trop car il peut arriver en littérature d'une manière générale qu'un titre ne fasse sens que par la fin d'un récit qui l'éclaire et lui donne toute son ampleur. Il s'agit dans de tels cas d'une révélation importante qui va ponctuer l'histoire d'une apothéose. Or, que se passe-t-il ici ? Rien de tel : au fond le titre ne désigne dans l'histoire qu'un bref épisode, celui de la découverte du rôle de Clarke 2 et nous avons tous remarqué à ce propos que cet album n'est pas un récit qui s'amplifie progressivement par rebondissements d'une onde dramatique conduisant à une conclusion en forme de résolution générale. Dans ce cas pourquoi cet album s'intitule-t-il Le Bâton de Plutarque plutôt que L'Affaire des balises ou Vie et mort du Major Benson, par exemple ? Ou, ce qui aurait pu être pu s'avérer judicieux, compte-tenu de ce que nous avons sous les yeux : La Double menace ?

Prenons donc le fameux bâton non pour ce qu'il paraît être dans le cadre du réalisme, mais considérons-le au plan symbolique. N'est-il pas une sorte de sceptre d'Ottokar subreptice et maladroit dont l'enjeu ne s'appliquerait pas aux personnages mais aux auteurs dans leur relation à la série et à Jacobs, un bâton de Moïse dont Yves Sente frapperait le rocher de la légende afin de faire jaillir l'eau première de la série alors que la source coule déjà depuis plus d'un demi siècle, bref, un bâton de commandement qui prétend dire la loi selon son code, et l'imposer a posteriori même au fondateur qui seul avait droit d'instaurer une loi et qui en l'occurrence, n'en avait instauré aucune, se contentant de créer ? Cet album de ce point de vue est donc bien cela et ne nous raconte que cela derrière la falotte et molle ligne de son scénario : une querelle de pouvoir symbolique qui dénie la violence de son geste en prétendant expliquer, envelopper d'un amont, justifier et éclairer.

Mais ne nous y trompons pas : tout cela est d'une extrême violence et témoigne en fait d'une immense agressivité envers Jacobs
.
A l'opposé, considérez la série Alix Senator dont vient de paraître le somptueux troisième tome, La Conjuration des rapaces. Nous avons là deux auteurs qui ont eu l'idée de prolonger l'oeuvre alixienne de Jacques Martin en déplaçant l'histoire du personnage central, non en amont mais vers l'aval en l'imaginant parvenu à la charge sénatoriale en 12 avant Jésus Christ, Alix ayant désormais 50 ans. Remarquons déjà que les auteurs se situent donc dans la descendance de la série et que ce prolongement au lieu de prétendre saisir les choses par l'anté commencement les envisage au contraire dans le cadre d'une réception : ils reprennent ce que Jacques Martin a créé dans le cadre d'une recréation qui consiste en quelque sorte à assumer l'héritage et en faire quelque chose de neuf, sans nier cet héritage comme transmission.

De surcroît, créant une perspective nouvelle que l'auteur initial n'avait pas envisagée, puisque de son vivant Alix a toujours été un jeune homme entre 18 et 20 ans environ, les auteurs ont la pudeur ne pas l'imposer : volontairement au lieu de se couler dans le style graphique de Jacques Martin - comme le font les continuateurs qui se placent dans la même temporalité que celle imaginée par Jacques Martin qui eux ont légitimité à reprendre le style initial puisque ils se mettent au service de la série originaire et remarquons-le y placent leur récit (indépendamment de la qualité de chacun d'entre eux) au sein de la série, en respectant scrupuleusement la cohérence de ce que Jacques Martin a conçu, selon ce qu'en disait si justement Christophe Simon, par souci d'une éthique de la reprise).

Au lieu donc de se couler dans le style de Jacques Martin, les auteurs d'Alix Senator, ont tout en maintenant les visages par exemple, sans parler des multiples allusions explicites ou implicites à la série initiale, créé un autre style graphique de manière à ne pas marcher sur les plate bandes de la série, de ne pas la bousculer et ils en deviennent du coup créateurs à part entière de l'héritage assumé avec la piété et la liberté vivante qui convient.

Avec le Bâton de Plutarque, nous nous situons à l'exact opposé. Voici des auteurs qui miment, et même pourrait-on dire qui caricaturent et singent le style narratif et graphique de la série au service de laquelle ils prétendent se mettre, qui lui imposent leurs conception et, leurs partis-pris, sans même se donner la peine de nous raconter quelque chose qui se tienne. Autant dire que ces auteurs n'ont ni passion, ni pudeur, ni respect, ni conscience de leurs responsabilités. Il outrepassent leurs droits, non légaux, mais symboliques, et en arrivent à la consternante prétention qui est la leur, agissant en somme en mauvais fils qui prétendent donner vie au père et constituer son patrimoine à sa place, tandis que les auteurs d'Alix Senator reçoivent, acceptent et font fructifier l'héritage du père avec talent, originalité et mouvement de vie.

Il n'est que de voir à ce sujet combien est révélatrice la question de la paternité dans les deux albums dont la concordance de parution en cette fin 2014 est d'autant plus significative ! Dans le BdP, la question du père est systématiquement liée à des figures de mannequins caricaturaux au visage de bois, seul Benson échappant un peu à cette logique à la fin par sa mort et ses dernières volontés à sa femme. Blake et Mortimer par le choix du scénario seront à jamais infantilisés par les auteurs en devenant les locataires oedipiens de la veuve du major. A l'opposé, dans le troisième volume d'Alix Senator s'accuse la difficulté d'être père qui plonge le personnage d'Alix dans le doute et un drame subtilement feuilleté sur plusieurs plans, apportant à sa psychologie d'homme mûr une profondeur et une tonalité que ne pouvait avoir le jeune homme. En ce sens, Alix Senator, à travers ce problème nous dit aussi la difficulté qu'il y a à être fils et combien quand on veut l'être dans le sens de la vie, il fait savoir remettre en question moins le père que soi même, sous peine de devenir seulement un fils rebelle ou pire un fils qui prétend jouer au père.

Ces différences de traitement de la question de la filiation et de l'héritage dans ces deux albums de deux séries totalement différentes me semble hautement symbolique de ce que dans les deux cas en font les auteurs. C'est pourquoi je me suis autorisé cette comparaison qui autrement pourrait sembler surprenante.

:idea:
Modifié en dernier par Park Lane le 22 nov. 2014, 22:01, modifié 2 fois.
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Re: Prépublication - vos commentaires

Message par archibald »

Belle analyse Park Lane avec laquelle je ne peux que plussoyer .
Park Lane a écrit :..../....
Outre leur caractère laborieux à la mesure de cet album poussif, ils s'adressent en fait à ceux qui découvriraient la série par le BdP et vont donc croire qu'il est symboliquement le premier album même s'il ne l'est pas.

Tout cela montre bien que ce projet n'est rien d'autre qu'une tentative de prise du pouvoir qui s'ignore peut-être mais qui n'en est pas moins là dans son absurdité et son arrogance. Tout se passe comme si Dieu transmettait à Dieu le pouvoir créateur, sauf que Dieu existait déjà avant et que le Dieu qui prétend désormais lui passer le relais dissimule Adam sous une fausse apparence de créateur tout puissant.
..../...
J'ai déjà manifestée mes craintes sur ce point.
L'album ,en soi , ce ne serait pas bien grave .
Mais c'est ce désir de s'approprier le mythe pour le transformer en banalité ...
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Message par Captain Gregg »

Entièrement d'accord avec Archibald! Très belle, très profonde et très fine analyse, Park Lane!
Et très émouvante lorsque tu abordes le thème de la paternité.... Ta comparaison avec le dernier opus d'Alix n 'est pas du tout surprenante, mais au contraire pleine de bon sens. Merci à toi 8-) 8-)
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Message par Park Lane »

Une chose m'a particulièrement choqué dans cet album, c'est le rôle donné à Olrik. A quoi bon le faire apparaître s'il ne s'agissait que de lui faire jouer les utilités afin de former une cheville entre le BdP et le début du cycle de l'Espadon. Même dans la contestée Onde de Septimus, le colonel a tout de même une présence et un rôle, dans le cadre d'une histoire, qu'on jugera réussie ou tout à fait manquée peu importe.
Mais ici, c'est tout de même la première fois que le personnage d'Olrik est réduit à faire de la pure figuration comme si on sait recruté une médiocre doublure chargée de tenir sa place en son absence. C'est honteux !
C'est une preuve d'irrespect et d'absence totale du sens des responsabilités. J'espère qu'Olrik se vengera en enlevant les coupables et en les enfermant dans une cellule où même et Blake et Mortimer n'auront aucune envie de venir les libérer, s'alliant plutôt au colonel cette fois. Cela pourrait railleurs faire l'objet d'un joli album de parodie ! J'en propose le titre : L'Affaire YSAJ ! Sicèrement, si quelqu'un se sent la capacité de le dessiner, cela m'amuseras beaucoup de participer au scénario !

De l'Ethique considérée comme un des Beaux Arts !
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:idea:
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Message par archibald »

Strip 185 , et blablabla et blablabla ...
A quoi cela sert d'avoir fait un bond dans le temps ( deux longues années , me semble-t-il ?) quelques strips auparavant et de s'embourber de la sorte ...
Le texte de la dernière réplique de l'Amiral Gray me semble un peu lourd .
Colonel Menzies continuez à me tenir informé en temps réel de toute nouvelle découvertes de vos informateurs .
Et un peu impératif , également.
Maintenant " what did we expect ?"
Uma-Thurman-x-David-Lachapelle-for-Schweppes-600x391.png
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Message par Quarnstron »

archibald a écrit :Strip 185 , et blablabla et blablabla ...
A quoi cela sert d'avoir fait un bond dans le temps ( deux longues années , me semble-t-il ?) quelques strips auparavant et de s'embourber de la sorte ...
Le texte de la dernière réplique de l'Amiral Gray me semble un peu lourd .
Colonel Menzies continuez à me tenir informé en temps réel de toute nouvelle découvertes de vos informateurs .
Et un peu impératif , également.
Maintenant " what did we expect ?"
Uma-Thurman-x-David-Lachapelle-for-Schweppes-600x391.png
Pas d'accord, Archibald. Ce strip est du meilleur cru, il commence avec le désormais célèbre "Quelques instants plus tard..." :p

Pour le reste, tout est dit. Hélas !
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Message par Thark »

archibald a écrit :"what did we expect ?"
Franchement, je n'attendais pas grand chose (voire rien du tout) de cet album, tellement le projet de départ m'a toujours paru un peu ridicule... et énervant, surtout.

Comme tu le dis plus haut : "[ce] désir profond, quasi inexplicable, presque maladif, de vouloir coller l'uchronie de Jacobs avec la réalité", c'est devenu une sorte d'obsession, artistiquement stérile.
Car dans ses interviews, Yves Sente parait réellement obsédé par un besoin - qui n'appartient qu'à lui - de justifier et d'expliquer des péripéties, des dialogues ou des idées narratives qui, chez Jacobs, étaient surtout des parti-pris créatifs.
Qu'on le veuille ou non, dans cette uchronie qu'est Le Secret de l'Espadon, quantité d'éléments relèvent surtout de la Science Fiction, même si des bases documentaires solides étaient pour EPJ un préalable primordial...

Alors, en effet, vouloir à tout prix "border" cette fabuleuse odyssée imaginaire et exotique en l'enfermant de force dans un carcan de dates, d'évènements et de personnages historiques réels, c'est un non-sens total.
Une absurdité agravée par une démarche égotique passablement prétentieuse et, surtout, plutôt déplacée vis-à-vis de l'oeuvre d'EPJ...

[A part ça : "Hey, what do I expect ?"... Eh ben, euh... à la place de ces strips (pas "tease" du tout :P ) ennuyeux et répétitifs, si tu as d'autres photos des jambes d'Uma Thurman, je suis preneur ! ;)
:mrgreen: :p ]
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Message par Park Lane »

Thark a écrit :
archibald a écrit :"what did we expect ?"
Franchement, je n'attendais pas grand chose (voire rien du tout) de cet album, tellement le projet de départ m'a toujours paru un peu ridicule... et énervant, surtout.

Comme tu le dis plus haut : "[ce] désir profond, quasi inexplicable, presque maladif, de vouloir coller l'uchronie de Jacobs avec la réalité", c'est devenu une sorte d'obsession, artistiquement stérile.
Car dans ses interviews, Yves Sente parait réellement obsédé par un besoin - qui n'appartient qu'à lui - de justifier et d'expliquer des péripéties, des dialogues ou des idées narratives qui, chez Jacobs, étaient surtout des parti-pris créatifs.
Qu'on le veuille ou non, dans cette uchronie qu'est Le Secret de l'Espadon, quantité d'éléments relèvent surtout de la Science Fiction, même si des bases documentaires solides étaient pour EPJ un préalable primordial...

Alors, en effet, vouloir à tout prix "border" cette fabuleuse odyssée imaginaire et exotique en l'enfermant de force dans un carcan de dates, d'évènements et de personnages historiques réels, c'est un non-sens total.
Une absurdité agravée par une démarche égotique passablement prétentieuse et, surtout, plutôt déplacée vis-à-vis de l'oeuvre d'EPJ...

[A part ça : "Hey, what do I expect ?"... Eh ben, euh... à la place de ces strips (pas "tease" du tout :P ) ennuyeux et répétitifs, si tu as d'autres photos des jambes d'Uma Thurman, je suis preneur ! ;)
:mrgreen: :p ]

Je partage totalement cette lecture et ai aussi pensé dès le départ que le projet de cet album était un non sens quels qu'en soient les auteurs.
La fin est lamentable : ce n'est qu'une glose assorties de banalités sur les politiques, destinée à servir de raccord laborieux avec le véritable et seul premier album de la série.
On ne s'est jamais autant moqué des lecteurs !

:idea:
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Message par Thark »

Park Lane a écrit :
Thark a écrit :
archibald a écrit :"what did we expect ?"
Franchement, je n'attendais pas grand chose (voire rien du tout) de cet album, tellement le projet de départ m'a toujours paru un peu ridicule... et énervant, surtout. Comme tu le dis plus haut, Archibald : "[ce] désir profond, quasi inexplicable, presque maladif, de vouloir coller l'uchronie de Jacobs avec la réalité", c'est devenu une sorte d'obsession, artistiquement stérile.
Je partage totalement cette lecture et ai aussi pensé dès le départ que le projet de cet album était un non sens quels qu'en soient les auteurs.
La fin est lamentable : ce n'est qu'une glose assorties de banalités sur les politiques, destinée à servir de raccord laborieux avec le véritable et seul premier album de la série.
On ne s'est jamais autant moqué des lecteurs ! :idea:
A la limite - et contrairement à pas mal de forumeurs - , je préférais presque les flash-backs exotico-romantico-indiens des Sarcophages du 6ème continent (!!)... On peut peut-être les trouver 'trop' sentimentaux dans le cadre des très viriles aventures jacobsiennes :P , mais au moins c'est une vraie création d'Auteur, une extrapolation ultra romanesque à partir des rares éléments biographiques donnés par EPJ lui-même. Ces séquences dites "de jeunesse des héros" ne cherchent pas à s'imbriquer directement dans un des albums mythiques de la série. Elles sont des espaces de liberté que se sont offerts Sente et Juillard. Il faut reconnaitre, malgré tout, que ça donne lieu ici et là à quelques strips originaux et plutôt culottés...
Et à de chouettes images !

Mais ici, dans le Bâton de Plutarque, (presque) rien de tout cela !
Le soi-disant challenge scénaristique vient littéralement encombrer le fil rouge narratif extrèmement personnel déroulé par Jacobs pendant des décennies.
Si l'on excepte quelques rares allusions à certains faits précédents (clins d'oeil anecdotiques placés dans quelques dialogues ou récitatifs, le suivi plus ou moins cohérent des mésaventures d'Olrik, ou encore le personnage de Miloch qui relie "SOS... !" et "Le piège diabolique"), EPJ était d'abord soucieux de faire vibrer ses lecteurs et de marquer les esprits par des thématiques et des scènes fortes. Il cherchait - et réussissait - à nous embarquer irrésistiblement dans ses histoires rocambolesques par un Art consommé du suspense, et un équilibre incroyable entre le Fantastique et la réalité. Un suspense carrément haletant dans ses meilleurs récits !
:idea: Il tenait aussi à ancrer visiblement et solidement ses personnages dans leur contemporanéité, sans se soucier spécialement des problèmes de... continuité !
Ce sont uniquement les Repreneurs (Sente en particulier, bien sûr) qui se sont inventés tout seuls cette "obligation" (?!) de restauration de la continuité et, pire encore, cette "reconstruction" chronologique du corpus d'origine... !

Je suppose qu'Yves Sente prend ça à la fois comme un défi (?!) et un JEU ; je veux croire, qu'à sa manière, il pense sincèrement rendre un bel hommage à Edgar-Pierre Jacobs. Il est probable (j'espère, en tout cas ! ^^) qu'il s'éclate à gamberger là-dessus...
Mais force est de constater que cette démarche qui se voudrait à la fois ludique et presque "geek" n'est pas forcément communicative ; il s'imagine apparemment que cette façon de combler des "manques" ( :shock: !!!) dans les albums de Jacobs répond aux attentes et aux désirs secrets d'une majorité de fans... ce qui est loin d'être le cas !
:ugeek: Même en étant 'fins connaisseurs un brin maniaques' ;) des aventures de B&M-made-in-Jacobs, la plupart des passionnés attendent et espèrent la même chose que les lecteurs en général : des récits denses, palpitants, tendus... et innovants dans le bon sens du terme !
Mais là, en dépit du talent intrinsèque des auteurs-repreneurs... , on est trop souvent loin du compte........ :-? ...


Un jour, l'ami Erca a employé très justement le terme de "sidération" en parlant du sentiment ressenti face à certaines scènes particulièrement fortes - et donc face à des cases absolument mémorables...
Honnêtement, dans Le Bâton de Plutarque, QUI pourrait citer au moins une scène (ou une case) qui provoque réellement cette jubilatoire impression de "choc", de fascination ?!?........
Qui pourrait prétendre qu'on retrouve encore, dans les albums de B&M récents, ces fameuses "images inoubliables" dont parlait si bien André Franquin quand il évoquait le génie singulier d'EPJ ?.....
:?:
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Message par Park Lane »

Oui, je suis totalement d'accord avec toi.
Dans Les Sarcophages du 6° Continent, j'ai toujours trouvé le double prologue indien touchant et beau, donc réussi et eu l'impression qu'il était même d'une virtuosité scénaristique remarquable, même si la suite de ce récit en deux volets m'a beaucoup moins plu et plutôt déçu. L'invention d'un passé se justifiait par une véritable émotion qui n'était pas que sentimentale et posait de surcroît à travers l'amour impossible de Mortimer et de la jeune Princesse tout un ensemble de questions en raison de son lien avec l'Histoire en marche. Quelque chose arrivait qui avait une véritable épaisseur dramatique, ce qui n'est pas du tout le cas du BdP.
Tu évoques le sentiment de "sidération" mentionné par Erca devant certaines cases de l'oeuvre de Jacobs. Je reprendrais volontiers à mon compte cette belle définition de l'impression qu'on peut en effet avoir face à certains passages visuels de certains des albums de la série initiale et, parfois aussi face à certaines cases des continuateurs, selon les albums, et même indépendamment des histoires et de leurs qualités narratives.
Puisque tu cites Les Sarcophages du 6° Continent, je songe par exemple aux cases de l'attaque du tigre dont quelqu'un parmi nous avait signalé qu'elle n'étaient pas sans évoquer l'univers de Paul Cuvelier. Et dans l'oeuvre de Jacobs lui-même, à tout seigneur tout honneur, ces planches hallucinées de neige nocturne dans S.O.S. Métérores, où le bleu devient quasiment phosphorescent selon les éditions (celle du Lombard par exemple), ou bien les planches du premier volume du cycle de l'Espadon lorsque Blake et Mortimer arrivent près du détroit à travers les falaises en forme de gratte-ciels, de nécropoles et de pyramides. Là aussi une puissante émotion irradiait spontanément de ces cases, indépendamment du passionnant récit, et soulevait le lecteur devenu contemplateur dans une aura graphique et chromatique exceptionnelle.Ici, dans le BdP, il y a bien quelques cases de "belle façon" - tout n'est pas nul au sens propre du terme - mais même les meilleures de ces cases, et spécialement lorsque on constate la platitude de la colorisation dans le cas de celles qu'on a pu voir à leur état d'achèvement, l'impression reste abstraite, froide et lointaine.
Oui, dans cet album, il n'y a aucune émotion artistique, tout ou presque est guindé comme dans un théâtre de figurines qui auraient du mal à se mouvoir et rien ne soulève la passion avec le sentiment qu'au moins l'image galvanise un peu les choses et apporte une compensation à la faiblesse du récit.
Le pire, et tu as raison aussi de le souligner, étant que certainement, dans une certaine mesure, Yves Sente et André Juillard pensent avoir bien fait, c'est là leur aveuglement, leur démesure et le malheur de cet album selon voué par son principe même comme je l'ai déjà souvent dit à l'effondrement didactique que nous avons sous les yeux.

:idea:
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archibald
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Re: Prépublication - vos commentaires

Message par archibald »

Park Lane a écrit :..../...
Le pire, et tu as raison aussi de le souligner, étant que certainement, dans une certaine mesure, Yves Sente et André Juillard pensent avoir bien fait,..../...
Si seulement je pouvais en être certain .... :?:
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Park Lane
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Re: Prépublication - vos commentaires

Message par Park Lane »

archibald a écrit :
Park Lane a écrit :..../...
Le pire, et tu as raison aussi de le souligner, étant que certainement, dans une certaine mesure, Yves Sente et André Juillard pensent avoir bien fait,..../...
Si seulement je pouvais en être certain .... :?:

Le doute est en effet plus que permis et tu as raison de le dire. Mais tu sais cher archibald que penser avoir bien fait n'est pas forcément une excuse ni une circonstance atténuante quand ce sentiment est l'expressions non d'une sincère volonté de bien faire mais de la certitude autosuffisante de celui qui se croit par essence capacité et autorité sans s'en donner les moyens tant il est aveuglé par lui-même.
J'aurais sans doute dû le préciser : c'est à mes yeux dans le cas présent un élément à charge, et j'ai bien parlé d'ailleurs de démesure.
Mais pour être tout à fait précis, il est indéniable que les auteurs se sont l'un et l'autre montré de façon constante d'une grande nonchalance et parfois d'une insigne paresse, l'avouant même comme si c'était un signe de distinction ! Dès lors, qu'ils soient pour autant persuadés d'avoir bien fait ne les excuse pas plus que l'écolier qui pourrait faire une belle carte de géographie par exemple et se contente d'un schéma approximatif dont il se persuade tout seul que c'est là un travail sérieux et abouti ! Nous savons tous ce que pensaient autrefois les instituteurs de ce genre d'écolier !
De toute façon quelle que soit l'explication le fait est que le résultat est pitoyable.

:idea:
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Quarnstron
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Re: Prépublication - vos commentaires

Message par Quarnstron »

Strip du jour le 186e pour ceux qui suivent encore.
On papote, on voit les nuages de Scaw-Fell, on s'ennuie à mourir et on continue de pleurer en pensant au sabotage de Sente et Juillard.
En fait la 5e colonne, ce sont eux. Basam Dandu n'aurait pas pu trouver meilleurs alliés pour détruire B&M.
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