Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
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Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Magazine Brabant Strip 76
LE CHEMIN des retraités de GLIJDENDE
Une aventure de BLAKE ET MORTIMER
google me dit glissement pour GLIJDENDE. donc peut être le chemin du glissement vers la retraite ?
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
QUEL SOUVENIRS, N'EST CE PAS, MON CHER FRANCIS ?
QUARANTE ANS? CELA PASSE VITE
Est-il judicieux de laisser les héros de comics survivre à l mort de leur créateur ? Si le maitre, de son vivant, avait désigné un successeur et assuré la continuité de la série , cela se comprendrait. ? Après tout , c'est l'auteur qui connait le mieux ses personnages et qui peut garantir la qualité de son œuvre. Avec Blake et Mortimer, la situation est différente. Prés de vingt ans se sont écoulé entre le dernier album publié par 'Edgar Jacobs et le lancement d'une nouvelle série sous l'impulsion de l'éditeur. Nous ne pouvons donc pas parler de successions, mais de renaissance. l'éditeur est ol, dans ce cas précisn bien placé pour prendre pleinement les rênes d'une série phare?
Nous pouvons nous demander si Jacobs lui-même aurait approuvé cette idée . Ses relations avec les éditeurs n'étaient pas des plus harmonieuses. Nous traitons le thème en profondeur ce mois-ci et tenterons également d'analyser la force et le charme de l’œuvre de Jacob. Nous osons supposer que son successeur aura fait de même avant qie le premier trait de crayon ne touche le papier. Autrement nos héros feraient mieux de profiter r d'une retraite bien méritée..
La rédaction.
PS : on comprend l'essentiel mais la traduction n'est pas parfaite
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Pour faire un pas en avant à l'instar d'Edgard P. Jacobs, l'attente autour de la sortie de « The Three » est comparable à celle des années 70. Aujourd'hui, un nouvel album d'Yves Sente et André Juillard. A-t-il été à la hauteur des attentes ?
L'ombre d'E.P. JACOBS
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Qu'est-ce qui rendait les histoires de Jacobs si spéciales ?
Le Secret de l'espadon est une histoire de guerre froide tout à fait correcte qui connut un grand succès au début des années 1950. Comparée à d'autres récits de guerre comme L'Attaque des Japonais, elle fut l'un des fleurons de la bande dessinée européenne à ses débuts, une œuvre qui a su bien vieillir sur le plan narratif et rester agréable à lire même après que le thème de la Menace Jaune se soit estompé. Pourtant, Le Secret de l'espadon n'a pas tout à fait l'aura d'un classique, et il y a une explication à cela. Il s'agissait d'une commande : lorsqu'il commença à écrire pour l'hebdomadaire Tintin, Jacobs souhaitait initialement créer une histoire historique, mais l'éditeur préféra ce thème, supposément conçu par Jacques van Melkebeke. On remarque que Jacobs a écrit et réécrit le scénario au fil de la publication du magazine. (1)
La fascination ne se manifeste qu'avec le second cycle d'histoires, qui établit d'emblée la légende de Jacobs : Le Mystère de la Grande Pyramide. Au cœur de ce récit se trouve un scénario méticuleusement élaboré, fruit de recherches inédites dans le monde de la bande dessinée. Avec une maîtrise exceptionnelle du rythme et du drame, Jacobs entremêle des données et des lieux historiques familiers à des éléments mystiques pour créer la bande dessinée égyptienne par excellence. Cette longue histoire connaît une suite, La Marque Jaune, avec laquelle Jacobs prouve qu'il peut obtenir le même résultat dans un cadre totalement différent : le Londres brumeux. L'analyse de ces seules histoires permet de dégager la recette du succès de Jacobs : un thriller palpitant aux personnages et aux lieux réalistes, enrichi d'éléments fantastiques ou mystiques. Les histoires suivantes peuvent être jugées à l'aune de ce critère. L'Énigme de l'Atlantide exploite le peuple atlante supposément disparu et sa civilisation technologiquement avancée, mais manque de surprise. SOS Météores est une histoire d'espionnage technologique dépourvue de toute dimension fantastique et n'atteint pas les sommets des récits précédents. Avec Le Piège Diabolique , Miloch se venge par un coup de maître : Mortimer voyage à contrecœur dans le temps, d’abord vers un passé tumultueux, mais le point culminant dramatique réside dans la description d’un futur high-tech. Cette histoire peut, sans fausse modestie, rivaliser avec le classique du genre, La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, modèle et source d’inspiration de Jacobs.
Croquis d'André Juillard pour le nouvel album ; le fantôme provient d'une illustration de couverture de Jacobs pour Tintin (voir p. 6)
Le contraste avec « L'Affaire du Collier » est saisissant : après un voyage à travers le temps et l’espace, nous revenons aux préoccupations (souterraines) du Paris des années 1960. Véritable polar classique, cette œuvre est un fleuron du genre, mais elle laisse les fans de Jacobs perplexes : l’absence d’éléments mystiques ou technologiques est frappante. Enfin, « Les Trois Formules du Professeur Sato » révèle un Jacobs débridé ; le seul élément fantastique est le Ryu, le légendaire dragon japonais qui demeure mystérieux le temps d’une seule case.
Pourquoi ces différences ?
Cette catégorisation n'est pas une critique : les histoires de Jacobs sont toutes uniques. Probablement 99 % des auteurs de bandes dessinées rêvent de créer un jour un « Collier » ou un « SOS Météore».
Pourtant, l'œuvre de Jacobs présente des différences notables de niveau : on peut distinguer le bon, le très bon et le sublime. Pourquoi ? Edgar P. Jacobs était un auteur exceptionnel qui avait littéralement besoin d'espace. Il écrivait des histoires qu'il développait sur 120 ou 130 planches, lesquelles, à leur publication, étaient regroupées en deux albums pour des raisons commerciales. On ne peut donc pas affirmer, comme certains le font, que Jacobs « étirait » ses intrigues. Après les cycles de l'Espadon et de la Grande Pyramide, cependant, Jacobs revint à la publication d'histoires complètes dans un seul album.
L'auteur a expliqué plus tard qu'il souhaitait initialement explorer tous les autres thèmes dans des récits plus longs, comme celui de la Pyramide. Pourquoi a-t-il changé sa méthode de travail ?
Yves Sente, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire Tintin, a écrit le scénario de cette nouvelle histoire. Le dessinateur mandaté est André Juillard, et Didier Convard s'efforce de rendre justice à la palette de couleurs de Jacobs. Pour créer l'atmosphère, le trio s'inspire largement de la Marque Jaune.
Personnages et décors, comme la pièce aux « souvenirs » égyptiens, ont été minutieusement reconstitués et devraient susciter un sentiment de reconnaissance chez le lecteur.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Critique de la bande dessinée du siècle
Il est bien connu que Jacobs a dû faire face à l'opposition de la censure des bandes dessinées dans les années 1950, notamment en France. Son sens du réalisme, aujourd'hui loué et servant de modèle à toute une génération d'artistes, n'était pas apprécié au même titre dans les années 1950 et 1960. Plusieurs exemples l'illustrent. Avec Le Mystère de la Grande Pyramide, il a atteint une perfection sans précédent en créant des planches d'une précision remarquable. Ces planches étaient conçues sur mesure pour la publication dans l'hebdomadaire Tintin. Histoire et dessins, tout s'imbrique parfaitement, et c'est donc un grand regret que cette illustration a été retravaillée pour la sortie de l'album. Il a encore essuyé des critiques : c'était « trop didactique ». Quel culot !
La Marque Jaune, aujourd'hui unanimement salué et même qualifié de « bande dessinée du siècle », ne connut pas un succès immédiat lors de sa première publication en 1953 et suscita plusieurs plaintes. Dans la case 18, Septimus lit un magazine. La couverture montre une femme aux jambes nues. C'était inacceptable ! La manipulation de l'esprit humain – la soumission du trio de notables par Septimus – fut considérée par les esprits et les critiques français comme un thème inapproprié et pernicieux pour une bande dessinée. Jacobs décida donc de raccourcir ce chapitre à six cases. Avant sa publication, la couverture originale de Jacobs pour l'hebdomadaire Tintin fut censurée par Hergé en raison de son ombre morbide. De plus, Blake et Mortimer n'eurent pas le droit d'utiliser de revolvers.
(2) Quand on réalise que c'est le sommet créatif et graphique de Jacob, il est plausible que les critiques injustifiées l'aient fait douter. Si ce n'est pas bon, alors qu'est-ce qui l'est ? Le doute
L'Énigme de l'Atlantide, initialement conçue comme une longue histoire, laisse entrevoir les premiers signes de doute. L'auteur supprime la première partie, qui devait traiter de soucoupes volantes, car Vandersteen écrit une histoire de Martiens pour Tintin. La seconde partie, initialement prévue, est ensuite développée de façon plus conventionnelle.
Au final, cela ressemble davantage à un drame royal classique qu'à une bande dessinée fantastique. Parallèlement, Jacobs est clairement pris pour cible, et la censure se poursuit. Lors de la publication de L'Énigme de l'Atlantide, même les ptérodactyles sont censurés. Il n'y a pas de couverture pour l'hebdomadaire Tintin, et une image avec
Vient ensuite « SOS Météores », sous-titré « Mortimer à Paris ». Si Jacobs met en garde contre le mésusage de la science, comme dans « La Marque Jaune », il s'agit d'une histoire d'espionnage assez classique, sur le thème de la guerre froide, avec Paris comme décor familier. Était-ce pour apaiser les critiques françaises ? Il semble que cette histoire ait été initialement conçue comme un cycle plus long. Aujourd'hui, les deux albums « SOS Météores » et « Le Piège Diabolique » sont bien séparés en deux histoires distinctes, mais tout de même… Toutes deux se déroulent en France, Miloch y apparaît comme l'antagoniste de Mortimer, et toutes deux traitent du déchaînement renouvelé de tous ses démons. Il philosophe sur la menace que représente la science. Dans « Le Piège Diabolique», Jacobs aborde l'avenir de l'humanité et sa pulsion destructrice ; même la manipulation du cerveau humain refait surface.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Les critiques sont ravies et aiguisent les couteaux :La distribution de l'album est interdite en France ! (3)
Il n'est donc pas surprenant que « L'Affaire du Collier» se révèle être une excellente enquête policière.
Qu'on confie les rôles principaux à Pom et Teddy ou à Bob et Bobette, le résultat serait sensiblement le même.
Cinq ans s'écoulent entre « Le Piège Diabolique » et «l'Affaire du Collier », alors que les histoires précédentes étaient écrites à raison d'une par an. Compte tenu de cette longue attente, l'intrigue de « l'Affaire du Collier » est donc inhabituellement mince. Jacobs explique qu'il comptait initialement situer « l'Affaire du Collier » dans le monde souterrain de Paris : « Au départ, je prévoyais d'immerger l'histoire dans une atmosphère véritablement fantastique. Je voulais m'inspirer de légendes ou de faits historiques survenus au fil des siècles. J'aurais des histoires sur les catacombes parisiennes, sur des bandes de brigands, des gens qui s'y sont perdus à jamais, et ainsi de suite. Je confronterais aussi les personnages à des apparitions, des squelettes et des attaques de rats. Je pensais également à l'étrange concert donné là-bas à la fin du siècle dernier, où ne figuraient que des marches funèbres et la Danse macabre de Saint-Saëns. Peut-être les murs de cet immense labyrinthe sont-ils encore imprégnés des faibles échos de ce concert.» (4)
Cependant, il résiste à la tentation de cartographier ce monde souterrain fantastique. Les critiques ont épuisé Jacobs. (5) Après L'Affaire du Collier, il faudra attendre dix ans avant la parution d'une nouvelle histoire, la dernière.
Dans Les Trois Formules du professeur Sato, Jacobs tente d'éviter l'inévitable en délaissant l'élément fantastique et en se concentrant sur la technologie et la science-fiction. Il revient à son thème de prédilection, mais s'il ne peut démontrer la manipulation du cerveau humain, il se concentrera sur celui d'un homologue humain : le robot. La publication fut considérablement retardée en raison de problèmes personnels avec le fisc et son éditeur de l'époque. Durant cette période, il révisa également Le Rayon U et rédigea son autobiographie. Enfin, ses problèmes de santé devinrent progressivement une préoccupation majeure.
On veut une suite !
Après la publication de Sato en 1977, la tension était palpable chez les lecteurs : comment l'histoire allait-elle se terminer ? Dix ans passèrent, et elle devint un sujet de prédilection pour les amateurs de bandes dessinées. Les lecteurs débattaient du dénouement attendu. Des références à Blake, Mortimer et Jacobs apparurent dans les bandes dessinées de divers artistes. Face à toute cette agitation, l'histoire devint une légende ; Jacobs ne put – ou n'osa – pas répondre à de telles attentes de son vivant. Il confia le problème à son ami Bob De Moor, lui demandant de préparer l'histoire, dont il avait déjà une ébauche, en vue de sa publication. Malheureusement, le scénario avait déjà été écrit dans les années 1960. Le développement des robots avait certes radicalement transformé notre société, mais ces robots ne ressemblent pas à des humains : ce sont des microprocesseurs dans des boîtiers toujours plus petits. Par conséquent, cette histoire n'a pas le caractère intemporel de la précédente et paraît quelque peu dépassée. Le temps avait rattrapé les formules du professeur Sato et les avait rendues obsolètes. Bob De Moor a malheureusement subi les inévitables revers : le résultat fut décevant tant sur le plan graphique que narratif.
La faillite de Sato nous apprend qu'il n'est pas sain de contrarier un auteur de bandes dessinées de génie avec des critiques aussi injustifiées.
Dans sa quête d'un équilibre entre ses propres convictions et celles de ceux qui prétendaient mieux savoir, Jacobs a fait des compromis sur le papier qui ne pouvaient rivaliser avec ses chefs-d'œuvre. La boucle est bouclée : Jacobs a fait son entrée dans le monde de la bande dessinée grâce à la censure des occupants allemands, qui ont interdit Flash Gordon (voir BSM 42), mais cette même censure a également porté un coup fatal à son œuvre. En septembre 1953, l'éditeur Leblanc reçut cette expression de mécontentement concernant la censure et la pression du temps. La menace venait désormais de Tintin. À côté de la pyramide portant l'inscription « Secrets de fabrication », on aperçoit le cambrioleur Jacques Martin. « Voleur ! » s'exclama Jacobs, évoquant les similitudes graphiques avec « La Grande Menace », également paru en 1953.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Au fil des ans, les critiques se sont estompées et l'on a pris conscience que les réalisations de Jacobs avaient été et resteraient exceptionnelles. Une nouvelle génération d'artistes s'en est inspirée, en partie par nostalgie, en partie par les spéculations les plus folles quant à une suite aux aventures de Blake et Mortimer. L'excellence graphique des œuvres de Jacobs dans les années 1950 a inspiré de nombreux jeunes talents qui ont connu un succès similaire dans les années 1970 et 1980. Après tout, en l'absence de l'original, une copie conforme se vend souvent tout aussi bien. Mais la plupart n'ont jamais dépassé quelques planches, tout au plus un album plus ou moins lisible, et encore moins égalé le niveau de Jacobs. Seuls quelques-uns possédaient une personnalité suffisante pour sortir de son ombre. Les imitateurs de Jacobs peuvent être classés en trois catégories : plagiat, hommage et clin d'œil. Le plagiat
Karel Verschuere est connu pour s'être directement inspiré de Jacobs, entre autres, afin de conserver son style de dessin rapide et fréquent (voir BSM 35). Il existe d'autres exemples, mais le plagiat le plus flagrant a été constaté dans une librairie spécialisée en bandes dessinées en 1986. « On dirait Blake et Mortimer », commentaient de nombreux amateurs de BD en découvrant « Un coup de fil suffit à Scotland Yard pour obtenir les informations nécessaires… de Harry Dickson 1, The Spider Gang ». Zanon était en effet stylistiquement très proche de Jacobs. Plusieurs points communs sont facilement repérables : les bulles de texte colorées, les vêtements et la posture des personnages. Copies, scènes copiées, etc. Ce n'est pas un hasard si le premier album s'ouvre sur une vue de Londres brumeuse. Malheureusement, les scénarios de Vanderhaeghe, inspirés de nouvelles de Jean Ray/John Flanders, n'ont pas suffi à convaincre les fans d'acheter les volumes suivants en masse (voir BSM 62).
L'hommage
Jacobs. À l'occasion du concours de 1984, Le Monde d'Edgar P. est paru dans la collection Nos Auteurs, et Tintin a publié un numéro spécial « E.P. Jacobs » le 4 décembre 1984. Dix auteurs y rendent hommage à Jacobs. Le Théâtre mystérieux, une courte histoire en 14 cases de Rivière et Carin, est intéressante car Edgar Jacobs lui-même y apparaît comme acteur. Avec son ami Jacques (Van Melkebeke, dont Mortimer est inspiré), il boit un verre au Bon vieux temps. Jacques Laudy, le modèle de Blake, y est également présent. Au regard de l'actualité, la contribution d'André Juillard se distingue : Blake et Mortimer, désormais à la retraite, retournent en Égypte. (6) Avec Convard, Juillard développera cette case en un livre illustré en 1998.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Tardi, qualifié de « fidèle disciple de Jacobs », occupe une place particulière : en 1981, il est chargé d'illustrer la couverture des mémoires de Jacobs, Un opéra de papier.
En 1991, Floc'h et Rivière publient Rendez-vous à Sevenoaks, un récit de réalisme magique fortement influencé par Jacobs.
De fait, autour de Jacobs, on retrouve invariablement le même cercle d'illustrateurs ; Ted Benoît a également dessiné une bande dessinée publicitaire pour CCMC en 1987 mettant en scène Blake et Mortimer.
Citons également Le Fantôme de l'Opéra (1989), qui ne présente d'intérêt que parce qu'il est dédié à E.P. Jacobs (ancien chanteur d'opéra) et parce que la couverture est bien sûr l'image miroir de la couverture censurée de Tintin.
Caméos
Blake, Mortimer ou Jacobs font régulièrement des apparitions remarquées dans les bandes dessinées d'auteurs célèbres : le temps d'une case, puis ils disparaissent.
Tout le monde connaît les caméos de Jacobs dans Le Sceptre du roi Ottokar, Les Cigares du pharaon et Objectif Lune, mais on en trouve également d'excellents exemples dans Tardi (Le Noyé à deux têtes 1985) et Eric Heuvel (voir BSM 70). Parfois, un tel caméo se développe en une histoire complète, comme la brillante rencontre entre Mortimer et Fox.
http://www.centaurclub.com/forum/Fred/A ... ub-P29.jpg
Dick Briel
Bien sûr, le lecteur trouvera d'autres exemples, et meilleurs encore, pour chacun de ces points, mais Dick Briel mérite une mention spéciale.
Les propos de Jacobs à propos du Collier de la Reine (voir page 7) vous rappellent-ils quelque chose?
Les mots-clés de Jacobs, tels que labyrinthe, squelettes, apparitions, bandes de voleurs et êtres irrémédiablement perdus, qu'il avait en tête pour la version originale de L'Affaire du Collier, réapparaissent tous dans London Labyrinth (voir BSM 74). La petite Dorrit entend même la musique qui, selon Jacobs, imprégnait les murs de cet immense labyrinthe. Et oui, la référence à la Danse macabre est bien présente. Coïncidence ? La liste dans
Nous avons oublié de mentionner l'un des auteurs ayant écrit un hommage pour le numéro de Tintin de 1984 : Dick Briel, en effet. En une seule case, il met fin aux Trois Formules du professeur Sato. L'un des mérites de son Labyrinthe londonien, qui transpose l'action de Paris à Londres, est qu'il n'utilise pas le centre-ville londonien et ses bâtiments historiques, souvent imités, comme toile de fond, mais plutôt…
L'East End, les quartiers pauvres de la ville. Et avec ces éléments, il crée, bien sûr, une histoire unique.
Tout ceci montre que l'influence d'Edgar Pierre Jacobs va bien au-delà de ce que l'on suppose généralement et qu'elle se fait encore sentir aujourd'hui.
Notes de bas de page pages 4 à 9
(1) On prétend que Van Melkebeke était même le premier
Il avait réalisé des disques, mais leur publication sous son nom était impossible en raison de son expérience de la guerre. Quoi qu'il en soit, Jacobs a par la suite redessiné les premières planches pour la sortie de l'album.
(2) Dossier Jacobs, Gérard Lenne, Oranje 1991, page. 117.
(3) Un opéra de papier, Les mémoires de Blake et Mortimer, E. P. Jacobs, éd. Gallimard, 1981, p. 170 ; dans BDM 1997-1998, on lit à la page 88 : « Il y aurait eu une édition française chez Dargaud [en 1962], retirée des rayons en raison d’une interdiction par la censure en France. Sur cette version, « Dargaud » aurait été remplacé par « Lombard » pour la distribution en Belgique. »
(4) Un opéra de papier, pag. 170
(5) Un opéra de papier, pag. 171
(6) Un extrait de ce document figure à la page 3 de ce numéro.
(7) L'aventure immobile, série Le dernier chapitre, Dargaud, 1989. La couverture de ce magazine provient du livre.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
« J’ai de bonnes et de mauvaises nouvelles. Par où commencer ? » (Philip Mortimer, dans : La Machination Voronov).
Les éditeurs talentueux savent jauger l'intérêt du public. Vu le succès des différentes suites, le retour de Blake et Mortimer était inévitable. Difficile de prétendre que Jacobs ait voulu s'y opposer. N'avait-il pas lui-même supervisé la finalisation du dernier album ?
Après quelques couacs, une nouvelle série officielle a vu le jour en 1996. Après « L'Affaire Francis Blake », voici « La Machination Voronov », et comme les deux albums rencontrent un franc succès commercial, un nouvel opus devrait suivre prochainement. Mais n'oublions pas qu'il s'agit ici de vendre le mythe, et non de raconter une nouvelle histoire de Blake et Mortimer. Les deux albums manquent cruellement de profondeur : pas la moindre trace de fantastique ou de mysticisme ; tout tourne autour de l'espionnage.
Soit les deux scénaristes n'ont pas saisi l'essence même d'un chef-d'œuvre de Jacobs, soit ils n'osent pas rivaliser ouvertement avec lui. Dans les deux cas, il aurait été préférable d'intégrer ce même scénario, certes remarquable, à une série de romans d'aventures à la manière d'Alfa ou de Largo Winch. Il est également frappant de constater une rupture avec l'évolution naturelle des récits : Jacobs a laissé s'insinuer des éléments de l'actualité dans ses histoires. Il n'est pas possible de les dater précisément, mais il est clair que « La Marque Jaune » se déroule dans les années 1950, « L'Affaire du Collier » au début des années 1960 et « Les 3 Formules du professeur Sato » à la fin des années 1960 et au début des années 1970. En situant désormais « L'Affaire Francis Blake » et «La Machination Voronov » juste après « La Marque jaune », dans les années 1950, la chronologie est rompue.
Les histoires ne s'intègrent donc pas à la structure narrative existante ; elles en sont détachées. De plus, graphiquement, on retrouve fréquemment des références à « La Marque Jaune » — ce qui n'est pas un problème en soi —, mais thématiquement, les deux nouveaux albums, en particulier « La Machination Voronov», renouent avec les épisodes les plus classiques : « Le Secret de l'Espadon » et « SOS Meteores : Les espions soviétiques préparent une invasion pedant la guerre froide!
Un problème plus important réside dans la personnalité des personnages. Un auteur qui a « vécu » avec ses personnages pendant vingt ans peut imaginer leurs réactions dans certaines situations. Même si l'on admet que des personnages existants peuvent être repris par d'autres artistes, à l'instar des artistes américains, une question demeure : s'agit-il vraiment de Blake et Mortimer ?
C'est là que réside la faiblesse de ces albums : si les graphismes sont à la pointe de la technologie – « La Machination Voronov » en est un excellent exemple –, les réactions des personnages paraissent souvent étranges. On peut aussi se demander pourquoi Olrik doit toujours apparaître. Jacobs lui-même ne le considérait pas indispensable à l'écriture d'une bonne histoire, mais ses successeurs supposent que Blake et Mortimer ne peuvent se passer de lui. Il est donc assez prévisible qu'il disparaisse à la fin et meure probablement, « mais nous ne le saurons jamais ».
Le résultat est un bon film, un divertissement garanti, mais les rôles de Blake, Mortimer et Olrik restent ceux d'acteurs, dans l'ombre de Jacobs. Cela dissuadera peu de personnes d'acheter et d'apprécier l'album, car il est bel et bien réalisé avec professionnalisme, voire avec inspiration.
La bonne nouvelle, c'est que la légende de Jacobs perdure, même si c'est de façon artificielle. Qui sommes-nous donc pour débrancher le respirateur ?
la série
Blake et Mortimer : La Machination Voronov, Yves Sente et André Juillard, Dargaud, 275fr./15.50NLG (voir p. 22).
(*) " Êtes vous un peu snob ?" (également en français dans le texte)Ne dites pas « bleek » (pâle), dites « blak » (noir). C'est la prononciation correcte en français et que Jacobs lui-même utilisait .
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Du début des années 1920 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, E.P. Jacobs a réalisé une œuvre d'illustration abondante. Aucun de ses dessins de dentelle et de bijoux ne subsiste. Jacobs lui-même avait conservé de nombreux originaux de ses illustrations pour des brochures (principalement des dessins de mode) destinées aux grands magasins bruxellois « Grands Magazins de la Bourse », ainsi que des affiches, des catalogues de mode et de jouets, et du matériel promotionnel 3D pour d'autres grands magasins bruxellois. On peut parfois trouver un tel catalogue aux puces de Bruxelles, mais généralement, il est impossible de savoir si l'on tient entre ses mains un chef-d'œuvre de notre grand maître : la plupart des illustrations n'étaient pas signées.
Jacobs n'a pas seulement illustré des catalogues de jouets : il a également illustré lui-même plusieurs puzzles et jeux de société. Voici ce que nous avons découvert.
A. Jeux PERGO
Jacobs a illustré plusieurs jeux pour le fabricant belge de carton et de jouets PERGO (une datation exacte n'a pas pu être déterminée).
1. Les contes de fées de Perrault
Jacobs crée quatre illustrations sur le thème de ces contes de fées : Le Chat Botté, Le Petit Chaperon Rouge, Tom Pouce et Cendrillon, qui nous rappellent les illustrations de contes de fées pour BRAVO (et BIMBO) des années de guerre.
Les mêmes quatre illustrations ont été utilisées pour deux boîtes à musique différentes :
- une boîte contenant quatre PUZZLES
- un jeu de loto : « LOTO des Contes de Perrault >>>
2. Casse-tête de guerre
Une seconde boîte à énigmes a pour thème la guerre, avec des dessins ingénieux de chars, d'avions, etc., rappelant graphiquement les illustrations de Jacobs pour le magazine ABC (1944-1945) et certaines scènes du début de *Het geheim van de Zwaardvis* (Le Secret de l'espadon) (1946). Il est fort probable que cette énigme ait été dessinée par Jacobs, mais cela reste à confirmer.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
3. Jeu de société
« Un magnifique voyage en Belgique » est un jeu de l'oie qui nous emmène de Bruxelles à Bruxelles, en passant par toutes les provinces belges. Le plateau de jeu extra-long est magnifiquement illustré.
B) Livres de coloriage BIMBO
Le magazine de bandes dessinées Bimbo, dont la publication a été interdite entre 1942 et 1945 (voir BSM14&15), a tout de même tenté de maintenir le contact avec ses lecteurs en publiant un almanach Bimbo spécial en 1944. Il faisait la publicité de toutes sortes de jeux Bimbo, allant d'un jeu de serpents et échelles Bimbo, à des puzzles et des livres d'artisanat Bimbo, en passant par des livres de coloriage.
Cette série de livres de coloriage (30 au total) est publiée sous le titre <<< LE PETIT ARTISTE PEINTRE ». Au moins six d'entre elles ont été illustrées par Jacobs :
- N°11: Le Cirque
- N°12: La Ferme
- N°13: L'Aviation
- N°14: Les Chemins De Fer
- N°15: Les Autos
- N°17: Les Tramways
Tout comme les jeux Pergo, ces livrets Bimbo n'étaient pas signés. Les jeux Pergo sont quasiment introuvables, mais on trouve parfois les livrets Bimbo.
Mais un véritable fan de Jacobs ne se laisse pas facilement décourager.
Ou peut-être pas ? Cherchez-le, les gars !!!
Pour l'illustration du Petit Chaperon rouge, le dessin de la boîte de loto a été redessiné : la tête du Petit Chaperon rouge, qui présente une ligne droite de Jacobs sur la boîte, se voit désormais ornée de boucles supplémentaires.
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
cela donne quand même une bonne idée du contenu de l'article
si cela vous intéresse je peux faire la même chose pour le numéro 210
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
C'est du boulot. Je suis admiratif.
C'est déjà fait , il me semble?
- Bobby Cowen II
- Modérateur

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Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Re: Brabant strip magazine 76 sur Blake et Mortimer
Super.



