Lefranc- La série.

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abbas
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Re: Lefranc- La série.

Message par abbas »

Feuilleté, hier aussi! Tout est moche, même les couleurs.....et le scénar (nanar :lol: ) a l'air convenu et ridicule. A oublier!
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leally
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Re: Lefranc- La série.

Message par leally »

Je préfère relire et user jusqu'à la corde les premiers tomes de la série ! À moins que l'éditeur ne finisse par publier une reprise valable -__-''
Bye-ciao!
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Mitsugoro
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Re: Lefranc- La série.

Message par Mitsugoro »

leally a écrit :Je préfère relire et user jusqu'à la corde les premiers tomes de la série ! À moins que l'éditeur ne finisse par publier une reprise valable -__-''
Pour ça il aurait fallu qu'ils laissent les mains libres à Michel Jaquemart, le seul repreneur à mes yeux qui avait de l'ambition pour la série... Bon, moi je vais relire l'Apocalypse, c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleurs yaoi.
Qui ose souiller de ses souliers la loge du grand Mitsugoro ?
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Laurent
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Re: Lefranc- La série.

Message par Laurent »

L'éditeur veut à tout prix sortir un album par an, d'où l'intervention de plusieurs scénaristes et dessinateurs et une série sans unité avec des albums bâclés.
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Mitsugoro
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Re: Lefranc- La série.

Message par Mitsugoro »

Laurent a écrit :L'éditeur veut à tout prix sortir un album par an, d'où l'intervention de plusieurs scénaristes et dessinateurs et une série sans unité avec des albums bâclés.
Ca me rappelle les Tomb Raider des années 90... D'ailleurs, dans les deux cas, je suis pourtant attachée au personnage principal. :|
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catallaxie
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Re: Lefranc- La série.

Message par catallaxie »

leally a écrit :Je préfère relire et user jusqu'à la corde les premiers tomes de la série ! À moins que l'éditeur ne finisse par publier une reprise valable -__-''
Impossible de dire mieux... 8-)

Casterman n'a qu'une devise: "Lefranc est mort vive le franc".. :oops:
Mes ventes (contact en MP):

ERV (virgin)
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Malédiction 1 (BNP)
EO La machination Voronov
Affaire du collier (album BP)
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Re: Lefranc- La série.

Message par Mitsugoro »

catallaxie a écrit :Casterman n'a qu'une devise: "Lefranc est mort vive le franc".. :oops:
Le plus triste dans tout ça, c'est que dans l'interview dont j'ai posté le lien, Martin souhaitait que ses personnages lui survivent et vivent encore beaucoup d'aventures... :|
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Re: Lefranc- La série.

Message par catallaxie »

Mitsugoro a écrit :
catallaxie a écrit :Casterman n'a qu'une devise: "Lefranc est mort vive le franc".. :oops:
Le plus triste dans tout ça, c'est que dans l'interview dont j'ai posté le lien, Martin souhaitait que ses personnages lui survivent et vivent encore beaucoup d'aventures... :|
Des aventures ils en connaissent, et en nombre conséquent...c'est surtout la qualité et cohérence qui n'est pas au rendez vous ! Seul Michel Jacquemart a réussi à renouveler Lefranc et il avait, semble t-il, de beaux projets que Casterman a refusé...grrr
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Laurent
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Re: Lefranc- La série.

Message par Laurent »

Sur sa page facebook, Patrick Dumas met en ligne un projet (non accepté ) qu'il a réalisé avec le scénariste Christophe Bec.
Voici sa présentation: "Puisque Christophe Bec en parle sur son blog, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer une page d'essai réalisée il y a quelques semaines et refusée par le comité Martin. Il ne s'agissait pas de piquer le boulot de Régric, à mon avis excellent continuateur de Martin, mais de se faire plaisir en réalisant un album de cette série qui a bercé mon enfance. Tant pis..."

Image

Merci pour l'info à Stéphane du forum "Lefranc, Alix, Jhen et les autres".

Voir aussi le blog de Christophe Bec.
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catallaxie
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Re: Lefranc- La série.

Message par catallaxie »

Belle ambiance dans cette planche ! Sait on ce qui a motivé le refus de Casterman.
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Re: Lefranc- La série.

Message par Mitsugoro »

Je vois avec plaisir que la tradition des viragos chère à Jacques Martin n'est pas morte !

Même question: sait-on pourquoi ce projet a été refusé ? Je veux dire, ça a pas l'air plus mauvais que le Dernier Shôgun...
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Re: Lefranc- La série.

Message par freric »

En parlant de Lefranc, Je viens de récupérer 2 plaques émaillés format A4. Superbe!
Image

Pour me joindre taper : fred.centaurclub(a)gmail.com.
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Re: Lefranc- La série.

Message par Commandant Hamilton »

Un nouveau article chez Alix Mag', où ils cittent mon blog :D: http://alixmag.canalblog.com/archives/2 ... 66396.html
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Re: Lefranc- La série.

Message par ericauger91 »

Bonsoir quelqu'un a-il lu le dernier Lefranc (le fils de staline) ? si oui, pourrais-je avoir quelques échos ? merci d'avance
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Malko
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Re: Lefranc- La série.

Message par Malko »

Bof, c'est mieux que le précédent question scénario, mais c'est toujours très prévisible et ça ne décolle pas des masses. Le dessin de Regric est bon pour les décors, mais les personnages, dont Lefranc lui-même (ce qui est gênant) et les femmes, sont plus que moyens, voire diformes par moments.
Au final, ça ne dégage vraiment pas grand chose.
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Re: Lefranc- La série.

Message par ericauger91 »

Malko a écrit :Bof, c'est mieux que le précédent question scénario, mais c'est toujours très prévisible et ça ne décolle pas des masses. Le dessin de Regric est bon pour les décors, mais les personnages, dont Lefranc lui-même (ce qui est gênant) et les femmes, sont plus que moyens, voire diformes par moments.
Au final, ça ne dégage vraiment pas grand chose.
merci pour ces infos, j'avais été déjà très très déçu il y a quelques années quand ils avaient sorti, la "fameuse" suite de la grande menace (album mythique s'il en est) une vrais purge !!!! scénario bâclé, dessin moche (une bien pâle imitation de la ligne claire)
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Park Lane
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Re: Lefranc- La série.

Message par Park Lane »

Lisant cette rubrique Lefranc hier dans le cours de l'après-midi, vos analyses et témoignages - dont les précisions passionnantes de Michel Jacquemart - m'ont donné envie de découvrir Les Enfants du bunker. Je dois dire que je n'avais pas lu de "nouveau" Lefranc depuis Londres en péril qui m'avait laissé une impression de fadeur peu encourageante. Mais l'idée de mettre en avant pour une fois le personnage de Jean-jean, qui plus est dans le cadre d'un camp scout, ajoutée à la très belle première planche présentée par Pierre en page 1 de cette rubrique Lefranc, m'ont donc convaincu de me procurer l'album. Je me suis rendu dans une bonne librairie de bande dessinées, en ai profité pour jeter un oeil à L'Eternel Shogun (le titre du récit est beau en soi, mais ce que j'ai vu du contenu en le feuilletant ne m'a pas convaincu) et à L'Enfant Staline. Après avoir reposé dans le rayon ces deux albums qui ne m'ont pas fait grande impression à première vue, je suis reparti avec le seul opus 22 auquel j'ai ajouté le volume 14 de la série Jhen : Draculea, tenté par le sujet, les paysages de neige et la beauté de la couverture. Mais je parlerai de cet album dans une rubrique dédiée à ce personnage s'il y en a une sur notre forum dont je suis loin d'avoir exploré tous les recoins magiques !
Lecture faîte entre hier soir et ce matin de l'opus 22 des aventures de Lefranc, (et donc ici tout particulièrement de Jean-jean), je dois avouer que je ne regrette pas ravoir suivi les impressions des personnes - notamment Mitsugoro et catallaxie - qui ont exprimé dans cette rubrique leurs impressions au sujet de cet album. Il est vrai que le dessin n'est pas toujours parfait, peut-être en raison des conditions de travaillé évoquées par Michel Jacquemart sur le forum de Raymond trouvé grâce au lien donné par catallaxie. Mais certaines planches sont tout de même très belles et certaine cases ont particulièrement retenu mon attention. Je sélectionne trois d'entre elles :
Download 2.jpg
Cette case (9 de la planche 9) m'a aussitôt attiré l'oeil lorsque j'ai tourné la page précédente. J'aime le cadrage mettant au premier plan cet oiseau qui se réjouit de la joie des jeunes scouts, le mouvement des personnages jouant à saute-mouton le long de la prairie en pente traçant une ligne oblique vers la gauche, mouvement qui a quelque chose de cinématographique et m'a rappelé la façon dont certains peintres, comme Dufy, (évidemment dans un style totalement différent), use de cette technique pour suggérer les étapes d'une action physique à travers des personnages différents alignés les uns à la suite des autres, le mouvement ascendant contraire des nuages de beau temps et la très belle luminosité matinale du ciel d'été. Cette case est à elle seule un magnifique emblème de la joie de vivre à ce moment de la vie où, malgré le poids des histoires personnelles, mes jeunes gens sont capables de s'émerveiller à l'unisson de la beauté du monde.
photo 4.jpg
Cette case (6 de la planche 26) me plaît également beaucoup. Elle fait partie des cases qui dans l'album évoquent merveilleusement l'atmosphère tout à la fois marine et champêtre du paysage de cette aventure. J'aime l'impression de profondeur de l'espace due à la contre-plongée et aux belles lignes de fuite (avec là encore un subtil dialogue des obliques jusque à l'arrière-plan et au ciel), le très bel effet de lumière solaire émergeant de l'arrière de la ligne de crête et de la toiture de la maison de Madame Archambault, et là encore le mouvement décliné en demi-cercle par les cinq scouts. J'aurais pu aussi retenir à la planche suivante les très belles cases 4, 5 et 6.
photo 3.JPG
Pour la case 7 de la planche 15 que je trouve également très réussie je respectant pas l'ordre chronologique, je la met à la fin pour cette seule raison qu'elle nous ramène au camp. Ici l'atmosphère champêtre prédomine à nouveau, avec une fois encore une belle ouverture de la profondeur entre le cadre des feuillages et par la contre-plongée qui nous conduit du chemin où stationne la voiture des policiers jusque aux bois qui s'éloignent derrière le vallonnement la prairie. On retrouve un scansion par une procession de personnages qui se poursuit par les tentes et deux silhouettes fines à l'extrémité du camp. J'aime beaucoup ce chemin campagnard avec l'auge avec son reflet de luminosité dans l'eau et sa pompe rustique, les barbelés légèrement détendus, le sol meuble sur lequel la voiture arrêtée est légèrement inclinée selon l'affaissement du terrain, l'évocation des ombres des feuillages sur la carrosserie et l'élément de mouvement supplémentaire donné par les fanions et le drapeau qui nous rappellent discrètement que nous sommes en bord de mer. L'arrivée des policiers au camp scout éveilleront un imaginaire du récit et du cinéma des années cinquante qui me plaît beaucoup et fait aussi de cette case une sorte d'emblème de tout un univers émouvant dont il reste encore aujourd'hui quelques traces malgré l'évolution des paysages.
Il est vrai que certains moments graphiques sont moins aboutis, d'autres que moi en ont déjà parlé ici ou dans le forum de Raymond, il est donc inutile que je répète leurs analyses à ce sujet.
J'ai, comme d'autres lecteurs, beaucoup aimé ce récit dont je ne crois pas qu'il soit de nature à moins intéresser les jeunes lecteurs, contrairement à ce que se demandait je crois un membre du forum de Raymond. Evoquer la question de la perte et de la mort, des angoisses et des fantasmes qui en résultent par le moyen de l'imaginaire me semble au contraire de nature à plaire à un jeune lectorat qui est désormais habitué à voir traiter ces questions dans la littérature pour la jeunesse ou la bande dessinée. Je me souviens d'un manga dont l'auteur et le titre m'échappent qui traite précisément de ces sujets et qui pour cela même plaisait beaucoup à quelques jeunes gens, filles et garçons, que je connais.
En ouvrant cette aventure qui permet de mieux connaître le personnage de Jean-jean et de le percevoir d'un autre point de vue que celui des seuls adultes, Michel Jacquemart me semble avoir trouvé une très belle idée de scénario qu'il traite à mon goût de façon délicate et subtile, en ne créant pas de nette ligne de démarcation entre la part du réel et celle de l'imaginaire, sauf dans le cas de l'adulte qu'est Lefranc et qui, sorti du coma, est capable par deux fois de distinguer le monde des songes symboliques de celui de la réalité éveillée. Preuve en est que même en rêve, il s'étonne des rencontres qu'il fait, contrairement aux enfants qui ne doutent pas de la réalité de ceux qu'ils rencontrent dans la zone du bunker. Mais précisément, Jean-jean et ses camarades sont des enfants et les présences fantasmatiques qui peuvent les accompagner dans la vie éveillée correspondent à leur âge et leur conscience de la vie. On est donc avec eux dans le genre fantastique au sens propre, tel que le définit Tzvetan Todorov, dans la mesure où l'hésitation entre l'interprétation surnaturelle et l'explication rationnelle n'est jamais complètement levée en dépit des interventions du docteur Pauly à la fin de l'album, interventions dont Michel Jacquemart, en les morcelant entre deux planches (37 et 45), permet qu'elle n'alourdissent pas le récit de considérations didactiques trop longues et tri pesantes, bien au contraire, tout en fournissant une clé d'analyse qui laisse chacun libre devant elles et donc le récit qui nous est proposé.
J'ai d'ailleurs particulièrement apprécié que Michel Jacquemart, au lieu de tomber dans le piège du freudisme obligé préfère mentionner les hypothèses de Jung au sujet des fantômes comme part de nous-même. Outre que la référence est très juste, l'usage de cette théorie convient parfaitement au ton de ce récit pudique et raffiné qui sait évoquer avec beaucoup de doigté la difficile et douloureuse question des hantises nées du deuil. A ce point de vue, d'ailleurs, le rebondissement final su souvenir de Jean-jean dans la deuxième moitié de la planche 45 introduit une ultime révélation aussi belle qu'inattendue, belle parce qu'inattendue et de surcroît très juste psychologiquement tant elle correspond à la manière dont les souvenirs de nos traumatismes entraînent une culpabilité qui occulte la vraie nature des drames vécus. Je me permets puisque nous sommes ici en territoire de fantômes et de deuil, de conseiller la lecture du très beau Traversée des ombres de Jean-Bertrand Pontalis qui traite précisément de ces sujets, l'auteur écrivant notamment : "Il nous faut croiser bien des revenants, dissoudre bien des fantômes, converser avec bien des morts, donner la parole à bien des muets, à commencer par l'infans que nous sommes encore, nous devons traverser bien des ombres pour enfin, peut-être, trouver une identité qui, si vacillante soit-elle, tienne et nous tienne."
Je trouve également très intéressant le parti-pris d'éclairer parallèlement le drame du passé de Jean-jean par celui au présent de Lefranc : les deux personnages gagnent en profondeur et consistance et la manière dont se tressent la trame de la seule biographie familiale pour l'un, de l'histoire familiale réactivée partiellement par les drames de l'histoire en marche pour l'autre, me semble très forte, déjouant le piège de ce qui, si ces éléments avaient été traités autrement, aurait paru artificiel et ne l'est justement pas. On comprend également mieux le lien entre l'enfant et l'adulte que sont respectivement Jean-jean et Lefranc, sur un mode plus intérieur et plus émouvant que celui des simples faits dont nous avions déjà connaissance avant cet album.
Le plus grand mérite de Michel Jacquemart est d'avoir, en tant que continuateur, résolu avec élégance et poésie le problème de l'exploration des lisières et des genèses des personnages d'une série dont il n'est pas le créateur, en faisant intervenir le passé dans le cadre d'une nouvelle aventure, le distillant peu à peu par petites touches successives, sans que sa présence presque constante empêche celle-ci de posséder sa propre autonomie : au contraire, le récit peut se lire selon différents angles correspondant aux différents niveaux du temps qui, plutôt que de se superposer, s'interpénètrent intimement. Toute l'histoire peut aussi bien se lire comme une aventure fantastique se déroulant au présent des événements qui jalonnent cet été singulier, qu'une distillation du passé par ce même présent devenu vacillant jusque au bout. Ou bien, on peut encore, selon les suggestions de la dernière page, imaginer un autre temps, tissé à partir du passé et du présent, celui de l'insondable énigme d'être et de l'imaginaire qui seul permet de tenter de la comprendre mieux, ou de la vivre mieux. Quoi qu'il en soit, voilà une façon très originale de traiter un tel sujet.
Enfin, Michel Jacquemart si j'ai bien compris, craignait que let fait que Lefranc soit presque toujours absent ou plongé dans le coma nuise à ce récit. Je pense au contraire que cela permet de donner à Jean-jean une autonomie d'individu qu'il n'avait pas, en se confrontant à la véritable école du courage qui n'est pas de sauter à ski sur le toit du chalet d'Axel Borg, mais de s'affronter soi-même en rencontrant ses fantômes et leurs doubles. De faire-valoir un peu enfermé dans le cadre volontariste de la morale virile des premiers albums, Jean-jean est devenu un personnage et grâce à cela, Lefranc a lui-même gagné en profondeur. D'où la présence des deux visages au bandeau de couverture.
Je n'ai pas lu les autres albums dont Michel Jacquemart a écrit le scénario pour cette série, mais celui-ci m'a donné envie de les découvrir et de lui dire, même si je ne le connais absolument pas, mon admiration pour ce qu'il a fait dans ce très beau Les Enfants du bunker. Nous sommes en effet tous, dans une certaine mesure, les filles et fils d'une forteresse intérieure dont nous devons affronter les ombres et les pacifier.

:idea:
Face à Hyde Park endormi, une fenêtre vient de s'illuminer au 99 bis Park Lane.
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