Schtroumpf n° 30

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Will
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Schtroumpf n° 30

Message par Will »

-Schtroumpf n° 30 , les cahiers de la Bande dessinée .

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Auteurs : Jean Pierre Andrevon, Stéphane Bielikoff, Louis Cance, Henri Filipini, Pierre Fresnault-Desruelle, Victor Ghébali, Hergé, Alain Populaire, Daniel Riche, François Rivière, Numa Sadoul, Louis Teller, Olivier Thieffin.
Editions : Glénat
Depôt Légal : 4e trimestre 1980.
Dimensions :
ISBN :
Première parution :
Numéro du magazine : 30
Pagination :74 pages
Prix de vente : 18 Francs.

Sommaire :
Page 04 : Entretien avec JACOBS par François Rivière.
Page 18 : Le secret de l'espadon par Alain Populaire.
Page 22 : La pyramide du grand mystère par François Rivière.
Page 25 : Sur les traces de la Marque jaune par François Rivière.
Page 28 : Du rayon U à l'Atlantide par Pierre Fresnault-Desruelle
Page 31 : S.O.S ou les mésaventures d'Olrik par Olivier Thieffin.
Page 33 : Hommage à Edgar-P. Jacobs par Hergé.
Page 35 : La guerre des mondes par Edgar-P. Jacobs.
Page 60 : A propos du piège diabolique par Daniel Riche.
Page 63 : L'affaire du collier par Numa Sadoul.
Page 65 : U.F.O., robots, no, Sato par Stéphane Bielikoff.
Page 66 : Who's Who in Jacobs.
Page 73 : Bibliographie par Louis Teller, Louis Cance, Victore Ghébali et Daniel Dubois.

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Note : Dans les revues « SPOT BD » et « les cahiers de la Bande dessinée », c'est le même texte signé par Hergé.
Petit Pinailleur , provocateur de chance .
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MacQuarrie
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par MacQuarrie »

Belle couverture !
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catallaxie
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par catallaxie »

Serait il possible de connaitre le sommaire de cette revue ?!
Mes ventes (contact en MP):

ERV (virgin)
Gondwana ( BNP)
Malédiction 1 (BNP)
EO La machination Voronov
Affaire du collier (album BP)
Ex-libris Mortimer Voronov
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freric
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par freric »

C'est rajouté dans le sujet initial.
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Pour me joindre taper : fred.centaurclub(a)gmail.com.
centaur club sur facebook
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archibald
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par archibald »

Un beau dessin de Tardi inside : :lol:
img395.jpg
13/01/2020 Transcription de l'article (Archibald)
Je n'ai pas corrigé la coquille qui figurait dans l’article initial tant je la trouve savoureuse . ;)

Sur les traces de la Marque Jaune
La chose est aisée : nanti du bon vieux guide « A to Z Atlas of London », vous pouvez sans problème parcourir ce Londres de la nostalgie qui figure dans les pages envoûtantes de La Marque Jaune. Le but de l'expérience est sans doute moins de retrouver la réalité de l'œuvre, telle qu'elle nous apparaît dans l'acte de lecture, chose artificielle ô combien, que d'évaluer la marge vertigineuse qui sépare le créé du vécu, l'apparence des éléments du réel invoqués pour la construction du récit et le récit lui-même, en sa sombre puissance évocatrice, suprêmement métaphorique...
A Tavistock Square, il est possible de sonner au domicile du Dr Jonathan Septimus. Je m'y suis ris-qué un jour de 1964, me sauvant ensuite à toute vitesse, comme le gamin que j'étais. Je rêvais, mais déjà la déception s'insinuait.
A Piccadilly Circus non plus, ça ne « collait » pas : que s'était-il donc passé entre La Marque Jaune et mon voyage à Londres ? Rien —je l'appris plus tard, de la bouche d'Edmond Jacobs lui-même. Il y était venu quinze ans plus tôt, au cours de l'été. Comme moi, il avait souffert de cette chaleur torride qui souvent accable le Bassin de Londres au mois d'août et s'était mêlé à contrecœur à la foule qui se pressait aux abords de la Tour de Londres... Des vues, encore, s'étaient accumulées, points de repère indispensables à la mise au point des péripéties du récit.
Des croquis d'une ville envahie par les touristes, les cris vulgaires, une circulation intense.. de toutes sortes de sens qui allaient à l'encontre de ces éléments du mystère que le créateur était venu y trouver. Mais qu'importait, le schéma de l'histoire, s'il passait par ces lieux encombrés d'une foule sécurisante, se colorait peu à peu d'autres remugles, non vécus, ou tout au moins vécus autrement, dans les livres, les films, ailleurs, autrement...
A Piccadilly Circus, Tavistock Square et Park Lane, la nuit jacobsienne donne à ces décors l'aspect d'une réalité de cinéma : le Londres quotidien disparaît. Le Dr Fu-Manchu s'achemine vers les docks à bord de sa puissante Limousine, tandis qu'à Baker Street, Mr Holmes dépose son Stradivarius et bourre sa pipe d'un mélange de tabac hollandais et de cocaïne en solution à sept pour cent... Plus loin, Miss Lemon tend une lettre confidentielle à son patron, l'obséquieux Hercule Poirot... Lord Peter Wimsey s'entretient avec son butler, Harry Dickson et son second Wills filent le train d'un dangereux malfaiteur, l'héroïne de Stage Fright (Alfred Hitchcock) roule en taxi et ment effrontément au spectateur, etc., etc. C'est la grande sarabande des archétypes et d'une autre forme d'existence de ce Londres synonyme de fascination...
Voilà ce qui compte surtout, et ce qui seul compte après tout. Un livre s'ouvre — et d'autres simultanément : c'est que j'appelle «l'épaisseur» de l'œuvre, son pouvoir immense qui est de dérouter et de rappeler simultanément par ses images et son contenu textuel qui font culminer les rapports d'ambiguïté entre faussement créé et réellement vécu, et vice-versa...
Jacobs s'y entend pour nous faire tourner comme une toupie, les yeux bandés, puis nous lâcher par les rues de son rêve que nous croyons à ce moment appréhender, mais qui fuit devant nous, nous tient à distance... Chaque page de La marque Jaune ouvre et referme le dossier des ressemblances et des différences : rien n'est plus vain et gentiment stupide que de vouloir montrer en parallèle (?) des dessins de Jacobs (décors réalistes) et des reproductions photographiques de ces décors. Rien ne se passe. Inutile de s'extasier : tout, dans le graphisme dramatique de Jacobs, se passe à travers ce qu'il faut bien appeler le fonctionnement de son art expressionniste jamais reproducteur, mais inducteur... Edgar Jacobs est un authentique poète du mystère et du fantastique. J'ai dit ailleurs les causes de cette vocation de symbolisme épris d'un absolu des formes pour la mise au point de son récit. Le décor, en sa feinte soumission au réel, se veut métaphore directe du sens souterrain donné à l'œuvre dans son ensemble ; ainsi, certaines images-forces de telle ou telle œuvre (tel le pont sur l'abîme, dans L'Enigme de l'Atlantide) sont une manière de mise en abyme du récit en sa totalité.
Que reste-t-il de Londres dans La marque jaune ? Le catalyseur toujours intact, la plus grande machine à rêver qu'aucune forme d'urbanisme ait jamais réussi à créer, la matière de mille autres chefs-d’œuvre...
François Rivière.
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delaroche
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par delaroche »

J'ai ce numéro, ça faisait longtemps que je n'y avais pas jeté un œil, dans mon souvenir il est plutôt très bien; je vais essayer de vous faire quelques scans des pages les plus intéressantes.
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par abbas »

delaroche a écrit :J'ai ce numéro, ça faisait longtemps que je n'y avais pas jeté un œil, dans mon souvenir il est plutôt très bien; je vais essayer de vous faire quelques scans des pages les plus intéressantes.
Le mien est vraiment en mauvais état...bons scans. ;)
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herisson
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par herisson »

Un excellent document de ce n°30
Espadon.jpg
Espadon1.jpg
Espadon2.jpg
13/01/2020 Transcription de l'article (Archibald)
Le secret de l'espadon ou la troisième guerre mondiale
Le premier épisode du SECRET DE L'ESPADON parut dans le premier numéro de Tintin le 26 septembre 1946. Publié au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce récit en fut en quelque sorte l'écho. Point par point, Edgar P. Jacobs y reprenait toute une série d'événements qui avaient caractérisé le récent conflit et les soumettait à la magie te transpositions plus ou moins directes. En effet, si les préparatifs guerriers de l'Empire Jaune rappellent la remilitarisation du Ille Reich, si les uniformes des envahisseurs asiatiques s'inscrivent dans la descendance directe du style germano-nippon et si le parallèle entre l'usurpateur Basam-Damdu, paranoïaque de première grandeur, et un autre mégalomane, le chancelier Adolf Hitler, apparaît évident, on découvre, en feuilletant les planches du « Secret de l'Espadon », des rapports plus subtils et, surtout, une fresque bien plus vaste et complexe que ne l'autoriserait un simple démarquage de l'histoire de la deuxième guerre. Mortimer subit des séances de torture qui, pour être implicites, n'en sont pas moins poussées au point de mettre sa vie en péril. Des dissentions existent au sein des plus hautes instances de l'Empire Jaune et les rivalités s'y marquent avec une férocité digne des plus beaux jours du nazisme. Il existe des camps de concentration dans l'Himalaya ; les prisonniers y sont menés dans des wagons à bestiaux et leur sort, à terme, ne fait guère de doute.
Bien entendu, en vertu de critères bien établis, il s'agit d'intellectuels... Mais, heureusement, la Résistance intervient pour les sauver. Elle joue d'ailleurs, dans L'ESPADON, un rôle essentiel, sinon primordial ; c'est un peu son histoire qui s'y trouve racontée. A un niveau encore plus détaillé, les références vont jusqu'à se marquer dans le graphisme. Certains dessins évoquent, parfois en inversant les rôles avec quelque ironie, de célèbres photos du dernier conflit. L'attaque du train comporte l'image de commandos s'élançant à l'attaque, qui ressemblent à s'y méprendre à ceux d'El Alamein. Les Jaunes qui plantent victorieusement leur drapeau sur la base secrète où s'achève l'Espadon, sorte de Gibraltar mythique, sont ces Américains qui dressaient la bannière étoilée au sommet d'Iwo Jima. De toute évidence, aux yeux d'Edgar P. Jacobs, la geste guerrière suscite ses propres archétypes... C'est à travers cette épopée dessinée que deux générations d'enfants et d'adolescents vont découvrir l'univers des batailles, avec son cortège de hauts faits, d'échecs, de souffrances, d'ivres-ses et de triomphes. Bien sûr, l'évocation d'Edgar P. Jacobs ne va pas sans les outrances qu'entraîne le sujet, du moins lorsqu'il est traité en tint que récit d'aventure. Manichéisme de la narration, racisme latent bien plus qùe délibéré, inconséquence dans la débauche de violences sont les principaux reproches qu'on peut lui adresser. Ajoutons la misogynie chère à Tintin : sur les 144 planches que dure L'ESPADON, n'apparaît pas une seule figure féminine, même dans un rôle secondaire, même dans le décor. Une performance qui mérite d'être soulignée... Mais ces défauts étaient sans doute inévitables. Ni les moyens de la bande dessinée, ni le contexte dans lequel L'ESPADON fut conçu, ne permettaient d'éviter ces écueils. Tout au contraire, rendons l'hommage à Jacobs d'avoir fait son propos aussi subtil que possible, parfois même jusqu'à l'ambiguïté. La psychologie des personnages apparaît à cet égard exemplaire. Certes, Blake et Mortimer offrent le portrait moral du personnage de BD de l'époque : un boy-scout modèle Hergé, réformé Jacobs. Néanmoins, tandis que chez Blake se manifestent, en filigrane de ses mimiques, toutes les réticences et les arrières-pensées d'un agent de l'Intelligence Service, Mortimer, le véritable héros jacobsien, dont la primauté ira s'accentuant de volume en volume, se révèle être un intellectuel, un savant à l'érudition protéiforme qui se double — et se double seulement — d'un homme d'action. Rare privilège pour une créature de BD, il possède, un peu à l'inverse des personnages d'Hergé qui se définissent par leur seul comportement, une dimension intérieure. Il y a chez Mortimer une part de mystère et d'irrationalité fantaisiste qui évoque Conan Doyle.
Digne pendant de ces héros, en tout point irréprochable, le colonel Olrik se veut infréquentable, intégralement. Avec lui plus qu'avec aucun autre, hormis peut-être l'Axel Borg de Martin, autre franche canaille, et esthète de surcroît, on atteint ici aux dimensions les plus fascinantes du Mal, un mot qui, au fond, ne veut dire que ce qu'on lui prête... Olrik, mélange raffiné d'Heydrich et de Moriarty, se vend à qui veut bien lui donner honneur, or et pouvoir. En quelque sorte, face à Blake et Mortimer, assujettis à la Morale et à Sa Gracieuse Majesté, l'abominable Olrik représente l'homme libre qui trace allègrement sa voie aux hasards de l'existence, se souciant assez peu au demeurant des pieds qu'il écrase au passage...
Aussi courageux que Blake, aussi fort que les deux compères réunis, aussi rusé que Mortimer, Olrik ne se doit qu'à lui-même. N'est-il d'ailleurs pas prêt, sa situation dans l'Empire Jaune lui semblant compromise, à tourner casaque et à mettre ses incontestables capacités au service de la bonne cause ? Et Mortimer, platement, d'éluder... Olrik, un homme sans conscience ? Peut-être, mais pas sans personnalité ! Comme tous les grands créateurs de romans d'aventure, Jacobs soigne les seconds rôles. La densité de l'action, le ressort de l'intérêt exigent une définition soigneuse des protagonistes.
Jacobs a eu, dans L'ESPADON, la suprême habileté d'abandonner les grands chefs politico-militaires à un flou qui souligne leur unidimensionnalité. L'empereur Basam-Damdu, Führer d'opérette au physique de Mussolini hépatique, oscille entre la frénésie et l'hystérie. Quant à Sir William, Churchill déguisé en amiral, il se contente de tirer sur son cigare...

Par contre, le personnage du docteur Fo, sorte de Goebbels mâtiné de Speer, ne manque pas d'intérêt, ni de vérité. Le capitaine Li, parfait prototype de l'officier SS, fait à Olrik un second fort présentable. La figure de Mohammed Wali, djammadar de Wad, illustre à merveille la noblesse de la Résistance de la première heure, tandis qu'à l'inverse, le Bezendjas incarne un collaborateur de la plus puante espèce, celle des délateurs de basse catégorie. Quant à Nasir, le brave serviteur qui se charge d'égorger nuitamment les sentinelles jaunes, tâche indéniablement indigne de nos deux héros, il représente à lui tout seul l'Empire Britannique d'Orient (qu'il ne faut pas confondre avec l'effroyable Empire Jaune), dégoulinant de fidélité et de soumission. Sur le plan de l'intrigue, un même souci de crédibilité se marque. Il prend tout son sens quand il s'agit de faire accroire l'Espadon, ou la gigantesque base sous-ma-rine qui l'héberge, deux exemples marquants de ce fantastique scientifique qui place Jacobs aux limites de la Science-fiction, mais d'une Science-fiction qui partirait, telle celle que pratiqua Wells, d'un monde parfaitement conventionnel pour y retourner après une brève incursion dans l'improbable. Jacobs est un conservateur ; son univers recouvre assez bien celui de l'entre deux guerres: victorien, feutré, noble et immobile. D'une narration à la base parfaitement linéaire, qui est d'une compréhension aisée, Jacobs, par une succession d'incises et de coups de théâtre bien dans la manière d'Hergé, va faire une forme d'épopée moderne aux rebondissements haletants. Une concision qui sacrifie le moins possible à l'anecdote sans jamais cesser d'être spectaculaire, lui permet d'accumuler les épisodes sans jamais donner l'impression d'en remettre. Rarement autant d'actions diverses, tant par leur rythme que par leur nature, se seront trouvées réunies en une bande dessinée !
Ainsi se voient introduits dans LE SECRET DE L'ESPADON nombre de symboles, de représentations oniriques, ou d'innovations technologiques. Au mythique RAYON U, sont empruntés, outre les personnages de premier plan, l'aile volante, toute de rouge peinte, l'univers souterrain, le pont naturel au-dessus de l'abime. Dans L'ESPADON naissent la fascination de la pyramide et cette recherche presque obsessionnelle de l'atmosphère qui verra son aboutissement dans LA MARQUE JAUNE.
Trente ans déjà. LE SECRET DE L'ESPADON a remarquablement bien subi l'épreuve du temps. Jusqu'à son graphisme qui date un peu et auquel il semble difficile de ne pas prêter un charme rétro... Quant à son argument, qui berça notre enfance au rythme de l'aventure et de l'épique, espérons qu'il reste à jamais dans le domaine de l'imaginaire.

A. Populaire.
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par delaroche »

Il y a du monde , on dirait ;) , j'ai ça, un article d'Hergé, c'est pas si souvent :

En plus, des illustrations de la "Guerre des Mondes", on ne regrettera jamais assez que EPJ n'a pas pu faire de bandes dessinées avec sa technique au lavis et crayon.

schtroumpf_jacobs01.jpg
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par delaroche »

Je viens de me rendre compte que ce texte d'Hergé sert de préface à l'édition de la Guerre des Mondes de 1986, mais il est donc antérieur puisque paru dans ce numéro de schtroumpf, quelqu'un sait-il de quand date-t-il et à quel autre édition de la "guerre des mondes" aurait-t-il servi de préface ?


édit: j'ai trouvé, c'est cette édiition -ci :
Couv_116995.jpg
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archibald
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par archibald »

delaroche a écrit :Je viens de me rendre compte que ce texte d'Hergé sert de préface à l'édition de la Guerre des Mondes de 1986, mais il est donc antérieur puisque paru dans ce numéro de schtroumpf, quelqu'un sait-il de quand date-t-il .../...
Une grande partie de cette hommage est dans le N°1198 du 14 novembre 1971 ;)
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par delaroche »

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Message par delaroche »

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Re: Schtroumpf n° 30

Message par Pykov »

Bien le who's who!! paru dans quoi?
Il est de notoriété publique que la véritable passion des Hobbits est la boustifaille. C'est une rumeur plutôt injuste car nous avons aussi développé un intérêt certain dans le brassage de la bière et le fumage de l'herbe a pipe.
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Message par delaroche »

Pykov a écrit :Bien le who's who!! paru dans quoi?
ben le Schtroumpf n°30, pardi !
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par Pykov »

delaroche a écrit :
Pykov a écrit :Bien le who's who!! paru dans quoi?
ben le Schtroumpf n°30, pardi !
j'avais point vu dans le sommaire! :oops: :oops: :oops: :oops: il me le faut ce numéro :P
Il est de notoriété publique que la véritable passion des Hobbits est la boustifaille. C'est une rumeur plutôt injuste car nous avons aussi développé un intérêt certain dans le brassage de la bière et le fumage de l'herbe a pipe.
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Re: Schtroumpf n° 30

Message par delaroche »

schtroumpf_jacobs08.jpg
schtroumpf_jacobs09.jpg
13/01/2020 Transcription de l'article (Archibald)
La pyramide du grand mystère
J'avoue être resté perplexe, fouillant avec sa complicité dans ses archives, lorsque Edgar P. Jacobs me montra les éléments générateurs (pour la matière graphique de son récit) de ce que certains considèrent à fort juste raison sans doute comme son immortel chef-d’œuvre : Le mystère de la Grande Pyramide.
J'avais sous les yeux une série de cartes postales jaunies, dont les enveloppes qui les avaient contenues étaient encore là, placardées de timbres émouvants — Farouk moustachu à Tarbouch de la Haute Epoque européenne en Egypte — et couvertes de la belle écriture d'une amie du Caire dont l'aide fut extrêmement précieuse pour l'artiste (ses lettres, écrites d'une maison de la rue Ebn Bakil, célèbre pour son Mastaba et l'épique combat qui s'y déroula, au cœur du rêve, entre un appartement de Woluwe St Lambert et le décor «imaginé», contenaient jusqu'aux moindres détails de la vie quotidienne en Egypte dans les années 50). L'une de ces photographies représentait le fameux hôtel Mena House, qui figure dans maintes œuvres littéraires anglo-saxonnes comme le théâtre des scènes les plus dramatiques. Ainsi dans le roman de Robert Hichens, An imaginative man, les terrasses compliquées de cette immense bâtisse victorienne sont la scène de séquences nocturnes où les occidentaux en mal de folklore pervers fraternisent avec des indigènes. Mais la dramaturgie jacobsienne emprunte plutôt à cette tradition qui voulut, par je ne sais quelle volonté onirique, que Sir Arthur Conan Doyle et Sax Rohmer (« La Fille de Fu-Man-chu » est absolument digne des deux épisodes égyptiens d'EPJ !) se soient rencontrés dans cette cossue pension d'esthètes. Triple rencontre donc, puisque notre auteur n'a jamais cessé d'évoquer à nos yeux les manières si souvent complémentaires des deux auteurs précités, en les coulant au moule d'une conscience encore plus « matter of fact ». Et rencontre qui n'est certes pas due à ce hasard trop souvent invoqué par ceux qui se moquent des interactions nécessaires entre les destins : Conan Doyle, Rohmer et Jacobs ont plus d'un point commun ; celui-ci, troublant, n'était pas de trop...
Donc, Mena House : toile de fond superbe à cette séquence de très forte épouvante nocturne, dont le protagoniste primordial demeure le Sheick Abdel Razek. « Par Horus demeure ! » L'incantatoire petite phrase est restée célèbre, et pour cause... Mena House, quartier général de Mortimer privé de son compagnon d'aventures, qu'on croit mort. Nasir fait bien dans le décor : on croirait qu'il a été créé pour cela, pour cette vie conforme aux canons du récit de mystère anglais — et je pense notamment au rôle très intrigant joué par la domesticité indigène dans l'ouvrage de Parker-Taylor : The Taj-Mahal Murder. Nasir prend une dimension qui n'est plus seulement anecdotique et esthétique. Il devient lui-même, comme le Kadir Baksh du conte de Kipling et tous ces « jolis Khitmagar musulmans bien en chair » de tant d'histoires orientales, capable d'aider au dénouement de toutes les intrigues dans les bas-fonds du Caire, de Tanger ou de Beyrouth comme dans les sous-sols de Piccadilly Hotel ou les crépitants jardins nocturnes d'une villa mauresque de Menton... Nommez-les et ils accourent à votre service, comme le Génie de la lampe ! Nasir remplit son rôle à merveille, déjà vénérable — il n'a rien d'un Djuna efflanqué aux yeux brillants — et toujours maître de lui-même, en accord parfait avec le flegme de son maître Mortimer. Une autre photographie représente le Musée du Caire : là, bien sûr, il fallait aller au delà des apparences et les travaux de recherches effectués par Edgar Jacobs au Musée du Cinquantenaire, à Bruxelles, doivent être mentionnés. Ils comptent assurément dans l'élaboration de ces salles d'antiques, à nos yeux restituées avec un luxe inouï de détails insolites. Jacobs ressuscite l'Histoire fascinante du pays des pharaons ; il nous plonge dans les méandres de la succession des dynasties, nous confronte à la légende la plus extraordinaire, comme jamais aucun maître n'a su le faire... Quel prodige ! D'un rectangle de bristol est née la fascination, augmentée de savants agglomérats de références. Mais l'image du rêve qui s'empare de nous, d'où vient-elle ? C'est là que le compilateur se fait démiurge et nous ravit à la simple juxtaposition des choses. Ce Caire onirique construit par lui — des vues de la capitale égyptienne d'aujourd'hui ont fait, devant mes yeux, frémir notre auteur d'une sorte de dégoût culturel ! — supplante tout ce qui n'est pas autrement utile au récit qu'il manigance. En revanche, l'horaire précis de l'autobus Giza - Le Caire fera, de la part de Jacobs, l'objet d'une demande précise à sa confidente... Il y a là, toujours, l'écho d'une logique malaisément formulable, qui ne m'étonne aucunement mais dont je doute qu'elle soit jamais le ressort de doctes études. Tout ce que l'on a pu écrire sur les aspects structurels de l'œuvre aurait dû tenir compte de cette « marge onirique » sans cesse opérante au niveau de l'élaboration d'une œuvre qui ne joue la vraisemblance que pour la mieux déjouer ensuite. Certains n'y ont pas pris garde, dont l'œil était passablement rivé aux grilles de lecture d'une théorie un peu stérilisante parfois. Tant pis pour eux !
D'autres vues figées : les Pyramides ; à leurs pieds, le petit village de Giza. C'est l'imagerie classique, mais dès les premières planches, informatives (« Deux mots... ») de Jacobs, voici que les contours de ces étranges mausolées revêtent une signification troublante: La géométrie de ces énormes fabriques surgies des millénaires passés prend l'allure d'une architecture dont l'énigme vaut à coup sûr d'être résolue. Il est assez intéressant de noter à quel point notre auteur est habile, qui sur le ton doctoral souvent peu prompt à capter l'attention de l'enfant, va le ravir à des considérations seulement historiques et géographiques pour le faire entrer de plain-pied dans son univers fantasmatique. Fantasmagorie littéraire, essentiellement, qui investit plutôt qu'elle ne se laisse investir, tout d'abord... Avec les années, le recul, une certaine expérience des choses de la création vont modifier le point de vue du lecteur : mais le prodige reste entier, Jacobs a gagné.
Enchâssées dans l'œuvre enfin élaborée, lentement, au fil des semaines, les « vues » quasi-rousselliennes dont le démiurge a fait sa pâture vont proliférer, bourgeonner et engendrer de nouvelles images faussement figées, celles-ci : les images du flash-back vertigineux que le Sheik Abdel Razek propose à Blake et Mortimer et au cours duquel l'histoire des pharaons se régénère de la dramaturgie de Jacobs donnée comme réalité nouvelle. Ce qui était dit au début par ce Jacobs/Jules Verne n'était donc qu'un habile mensonge apte à nous piéger ; or, voici qu'à présent, par la bouche de ce héraut du Temps, les notions tantôt édictées s'effritent et tombent... Tour d'écrou au rêve jacobsien. Le lecteur s'enfonce dans la spirale de l'histoire qu'il est en train de vivre. La magie opère à présent sans relâche : le réel s'efface... La pyramide est alors celle, inversée soigneusement par les soins de l'auteur, sur l'infime parcelle du savoir connu à partir de laquelle prolifère le récit fantastique de notre initiateur, Edgar Jacobs/Abdel Razek, qui nous a pris la main et nous entraîne fermement vers le Temple de son Mystère et de sa Fascination.
François Rivière.
Liberté appelle !...
Combat écoute !
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